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Alternatives économiques

2014/6 (N° 336)


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Malgré le coup de tonnerre des élections européennes du 25 mai dernier, le président de la République et son Premier ministre ont choisi pour l'instant de maintenir le cap du "programme de stabilité" présenté un mois plus tôt à l'Assemblée nationale et approuvé par celle-ci après un débat tendu. Ce document, transmis aux autorités européennes, décrit la politique économique qu'entend mener le gouvernement français au cours des trois prochaines années, c'est-à-dire jusqu'à la fin du quinquennat de François Hollande. En contrepartie d'une importante réduction de 41 milliards d'euros de prélevements sur les entreprises, décidée dans le cadre du pacte de responsabilité, le gouvernement prévoit une baisse de 50 milliards d'euros des dépenses publiques d'ici à 2017, afin de tenir les engagements de la France en matière de réduction des déficits. Un pari risqué non seulement sur le plan social et politique, mais aussi sur le plan économique.

Des effets très incertains

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Depuis la crise, les marges des entreprises ont fondu. Le gouvernement espère que le bol d'oxygène qu'il leur apporte va leur permettre de regagner des parts de marché à l'exportation et les inciter à se remettre à embaucher et à investir. Mais nos voisins mènent, eux aussi, le même genre de politique. Et l'avantage compétitif ainsi donné aux entreprises françaises risque d'être rapidement annihilé par la course au moins-disant social dans laquelle la zone euro est toujours engagée. Or, l'importante baisse des dépenses publiques programmée parallèlement va, elle, peser négativement sur la demande intérieure. Dans un tel contexte, il n'est pas sûr que les entreprises utilisent effectivement leurs marges de manoeuvre supplémentaires pour investir et embaucher en France.

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Du côté des dépenses publiques, leur niveau est effectivement particulièrement élevé dans l'Hexagone, même si la hausse de ces dépenses a été très limitée depuis de longues années déjà. Ce n'est cependant pas un problème en soi : les pays scandinaves, si régulièrement vantés, affichent des niveaux de dépenses analogues (avec davantage encore d'emplois publics). Ce qui est plus problématique en revanche, c'est que, dans de nombreux domaines, comme l'éducation ou le logement par exemple, ces dépenses importantes n'atteignent pas réellement leur but : il faudrait bien souvent s'y prendre autrement et faire nettement mieux.

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Mais peut-on réellement faire mieux (ou a minima ne pas faire plus mal) tout en dépensant sensiblement moins dès maintenant, comme le prévoit le gouvernement ? Dans certains domaines, comme la santé ou les collectivités locales, des marges de manoeuvre existent certes, mais globalement, le risque paraît non négligeable de dégrader la qualité des "biens publics" indispensables à l'activité économique et d'aggraver les inégalités.

Plan de l'article

  1. Des effets très incertains

© Altern. économiques, 2014

Pour citer cet article

Duval Guillaume, « Dépenses publiques : les risques du plan Valls (introduction au dossier) », Alternatives économiques, 6/2014 (N° 336), p. 6-6.

URL : http://www.cairn.info/magazine-alternatives-economiques-2014-6-page-6.htm


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