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Alternatives économiques

2014/6 (N° 336)


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La percée spectaculaire réalisée par le Front national aux élections européennes a de multiples causes. L'offre de sécurité globale portée par Marine Le Pen n'aurait cependant pas rencontré un tel succès si le reste de la classe politique était capable de lui opposer une vision de l'avenir qui redonne confiance au pays. A droite, Nicolas Sarkozy avait réussi, en 2007, à faire baisser le Front national, en lui empruntant son discours volontariste en matière économique et sociale. Mais, une fois parvenu au pouvoir, il s'était contenté de satisfaire les aspirations égoïstes de ses clientèles, tandis que ses velléités modernisatrices se dissolvaient dans une gestion molle de la crise. François Hollande, élu par défaut en 2012, n'a pas su non plus, ou voulu, incarner une réelle alternative. Il gère l'héritage de dettes et de déficits publics laissés par son prédécesseur, sous la surveillance des marchés et de ses partenaires européens. Une position de faiblesse mise à profit par les grands intérêts économiques qui imposent à la gauche des réformes douloureuses, au nom de la compétitivité.

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Mais le mal est sans doute plus profond : l'incapacité de la gauche à répondre aux attentes des classes populaires révèle aussi l'épuisement de la promesse portée historiquement par la social-démocratie. Comment redistribuer les bienfaits de la croissance quand celle-ci disparaît ? Quand la quête de compétitivité devient la seule politique possible ? D'où cette situation paradoxale : François Hollande persiste à tout attendre d'un hypothétique retour de la croissance tout en conduisant une politique qui la limite durablement. Dans un tel contexte, on attendrait en particulier des Verts qu'ils se montrent plus imaginatifs, mais ils peinent, eux aussi, à rendre désirable la société post-croissance qu'il faudra bien construire, compte tenu des périls écologiques qui nous menacent.

Fusions

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La réforme territoriale annoncée devrait se traduire par une réduction du nombre de régions. L'unification des deux Normandie semble possible et le rapprochement entre la Bourgogne et la Franche-Comté est déjà en cours, mais les choses se compliquent dès lors qu'il est question de dépecer des régions existantes pour en distribuer les départements aux régions voisines. Une chose est sûre : la décentralisation à la française est un sport qui se joue à Paris, sous la houlette de l'Etat. Avec l'idée que nos régions seraient trop petites, en comparaison de ce qu'on observe ailleurs. De fait, la Bavière est bien plus grande que le Limousin ou la Picardie. Mais ce n'est pas le cas des Länder de Hambourg ou de Brème, réduits aux environs directs de ces deux villes hanséatiques. De même, aux Etats-Unis, la grande taille de la Californie ou du Texas n'a pas conduit le Connecticut à fusionner avec Rhode Island, ni le Massachusetts avec le New Hampshire !

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Au fond, on ne peut s'empêcher de penser que la meilleure taille pour une région est celle qui fait sens pour ses habitants. Et s'il y a des économies à faire, c'est d'abord en clarifiant les rôles des différents niveaux de collectivités et entre celles-ci et l'Etat.

Nucléaire

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On sait que François Hollande avait promis de réduire la part du nucléaire dans la production d'électricité à 50 % en 2025. Un compromis bâtard entre la sortie progressive souhaitée par les écologistes et la volonté d'EDF d'utiliser ses centrales aussi longtemps que possible, rentabilité oblige. En fait, l'électricien national comptait bien sur la croissance de la demande d'électricité pour parvenir aux fameux 50 %, tout en conservant la quasi-totalité de son parc nucléaire durant encore plusieurs décennies.

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Mais le temps est révolu où la direction de l'Energie du ministère de l'Industrie dépendait des services d'EDF pour prévoir l'évolution des besoins en électricité du pays. Des prévisions qui ont justifié hier la construction d'un nombre déraisonnable de centrales, à l'origine d'une surcapacité nucléaire qui contraint EDF à faire varier la production de ses centrales en permanence afin de s'adapter à la demande instantanée d'électricité alors qu'elles ne sont pas faites pour ça. D'où une usure prématurée de nombreux équipements qui impose de fréquents arrêts pour maintenance. Et voilà maintenant que le scénario retenu dans la future loi sur la transition énergétique prévoirait une faible croissance de la demande. De quoi rendre inutile une vingtaine de centrales à l'horizon 2025. Si la promesse des 50 % est tenue, bien entendu.

Plan de l'article

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  3. Nucléaire

© Altern. économiques, 2014

Pour citer cet article

« Le bloc-notes de juin 2014 », Alternatives économiques, 6/2014 (N° 336), p. 98-98.

URL : http://www.cairn.info/magazine-alternatives-economiques-2014-6-page-98.htm


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