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Alternatives économiques

2015/1 (N° 342)


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Ce qui est aujourd'hui la "loi Macron" devait être à l'origine une "loi Montebourg". Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, avait compris que ce qui cause les difficultés du pays, ce ne sont pas seulement les problèmes des entreprises industrielles en tant que telles, mais aussi, pour une part non négligeable, les prix trop élevés des secteurs protégés de la compétition internationale. Ils grèvent les comptes des industriels lorsqu'ils sont leurs fournisseurs directs ou font grimper le coût du travail de leurs salariés en pompant leur pouvoir d'achat lorsqu'ils s'adressent au grand public.

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L'essentiel en la matière se joue sur le terrain de l'immobilier et dans les rentes que captent les oligopoles de la banque, de l'assurance ou encore de la grande distribution. Mais la France a aussi hérité d'une foule de professions réglementées - notaires, huissiers, pharmaciens, avocats... - bénéficiant de protections dont l'intérêt est devenu souvent plus que douteux. Problème réel auquel Arnaud Montebourg décide de s'attaquer. Non sans faire de la gonflette, comme à son habitude, autour des enjeux de cette réforme, avec les fameux 6 milliards d'euros à rendre aux Français.

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Seulement voilà : en septembre dernier, Arnaud Montebourg est remplacé par Emmanuel Macron. Celui-ci, bon élève et bien élevé, n'est pas animé par la même envie que son flamboyant prédécesseur d'en découdre avec l'establishment. Il est de plus confronté à un problème très concret : si on veut remettre en cause des rentes sans déclencher une guerre civile, il faut indemniser les rentiers auxquels on fait perdre revenus et patrimoine. Or, dans le contexte budgétaire actuel, l'Etat français n'a pas vraiment les moyens de calmer notaires, huissiers, taxis et autres pharmaciens... Il vide donc de leur substance les grands projets d'Arnaud Montebourg en la matière.

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Il introduit, en revanche, dans la loi ses marottes à lui : banalisation du travail du dimanche, remise en cause du rôle des Prud'hommes, facilitation des licenciements, dépénalisation du délit d'entrave... Résultat : au lieu d'une loi s'attaquant - enfin - aux rentes privées, on se retrouve au final, pour l'essentiel, avec une énième loi rognant les droits des salariés pour renforcer les pouvoirs des patrons. Une nouvelle occasion manquée.


© Altern. économiques, 2015

Pour citer cet article

Duval Guillaume, « Occasion manquée », Alternatives économiques, 1/2015 (N° 342), p. 5-5.

URL : http://www.cairn.info/magazine-alternatives-economiques-2015-1-page-5.htm


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