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Alternatives économiques

2015/10 (N° 350)


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La crise des réfugiés est en train de redéfinir l'Europe. Elle peut déboucher sur une Union à la fois plus intégrée et plus solidaire en interne, et en même temps plus ouverte vers l'extérieur et plus active dans le reste du monde. Comme elle peut se terminer avec une Europe plus fractionnée encore et davantage repliée sur elle-même. Le second terme de l'alternative n'est malheureusement pas à exclure. Notamment parce que le communisme a laissé en héritage à l'est du Vieux Continent des régimes ultralibéraux en matière économique et sociale, mais aussi des peuples qui, à force d'enfermement, sont devenus très sensibles aux discours xénophobes. De plus, le moins que l'on puisse dire pour l'instant, c'est que la France ne pèse guère en faveur du premier terme de l'alternative.

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Un scénario rose n'est pourtant pas impossible au vu de l'attitude de la population et de la classe politique allemandes. Bien sûr, il ne faut pas faire preuve d'angélisme : racisme et xénophobie sont également répandus en Allemagne. Et pas seulement dans l'est du pays. Mais dans leur grande majorité, les Allemands soutiennent la ligne d'ouverture fixée par Angela Merkel. Est-ce la même Allemagne que celle qui, il y a quelques mois encore, conspuait majoritairement les Grecs paresseux et tricheurs et se montrait intraitable pour leur imposer des coupes drastiques dans des systèmes sociaux déjà à la dérive ? Oui, à bien des égards : c'est une Allemagne relativement sûre d'elle et de ses capacités qui accorde, dans les deux cas, plus d'importance que nous à la morale et aux valeurs. Avec toutes les limites que ce genre d'attitude peut parfois impliquer.

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Pour autant, la réaction de nos voisins face à la crise des réfugiés suffit à montrer combien les interprétations de la crise grecque en termes de pur égoïsme, voire de retour en force de l'impérialisme allemand, étaient non seulement exagérées mais profondément erronées. On peut toujours espérer construire avec l'Allemagne une Europe à la fois plus intégrée et plus solidaire. Même si, sur le terrain économique, cela implique la rude tâche de réussir à la faire sortir de ses schémas ordolibéraux inadaptés.


© Altern. économiques, 2015

Pour citer cet article

Duval Guillaume, « Les réfugiés, l'Allemagne et nous », Alternatives économiques, 10/2015 (N° 350), p. 5-5.

URL : http://www.cairn.info/magazine-alternatives-economiques-2015-10-page-5.htm


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