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Alternatives économiques

2015/12 (N˚ 352)


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Sécurité

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Le Front national affirme sa volonté de reprendre le contrôle de l'économie via un repli sur l'espace national. De quoi répondre aux inquiétudes que suscite une mondialisation insuffisamment régulée, et à la déception qu'engendre une Europe incapable de produire les protections nécessaires, notamment contre le chômage de masse. Face au Front national, il ne suffit pas de dénoncer l'irréalisme de ses propositions, il faut aussi répondre à la demande d'une population qui aspire à retrouver des repères. Les élections régionales auraient pu être, dans cet esprit, une opportunité pour valoriser davantage les territoires, pensés comme des espaces où l'on peut agir pour rendre l'économie plus inclusive et plus résiliente, et retrouver une capacité collective à décider de notre avenir, sans rompre pour autant avec une économie et une société ouvertes sur le monde.

2

Opposer des alternatives au repli que nous propose le Front national est d'autant plus nécessaire que son discours économique n'est que le pendant de son discours identitaire de rejet de l'autre. Un discours qui entretient un climat de division et de haine sociale, précisément le terreau sur lequel prospère aussi l'islamisme radical.

Fin de partie

3

Les élections législatives du 6 décembre prochain ne se présentent pas bien pour Nicolas Maduro, le successeur d'Hugo Chavez à la tête du Venezuela. Il est vrai que le pays s'enfonce chaque jour un peu plus dans le chaos économique, social et politique. Le Venezuela est un exemple parfait des méfaits du dutch disease, cette maladie dont sont victimes les pays en développement trop riches en ressources naturelles. La rente pétrolière, en l'occurrence, y constitue une vraie malédiction, et cela bien avant que Chavez n'accède au pouvoir. Elle a nourri le clientélisme et la corruption, favorisé l'émergence d'une économie de comptoir, très dépendante des importations, au détriment du développement et de la diversification de l'appareil productif local, le tout sur fond d'inégalités extrêmes. Dans ce contexte, Hugo Chavez a eu une grande vertu : il a redistribué une large partie de la rente aux moins aisés, gagnant ainsi une popularité méritée. En revanche, il a échoué à engendrer un réel développement, le socialisme étatiste mis en oeuvre ayant affaibli encore un peu plus le tissu productif du pays. Nicolas Maduro, son successeur, a poursuivi dans la même voie, rendant le pays toujours plus dépendant de l'or noir. La chute du prix du baril de pétrole a donc logiquement entraîné l'effondrement du taux de change du bolivar, la monnaie nationale, multipliant les pénuries de produits de première nécessité, le tout sur fond de forte inflation.

Climat

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On peut d'ores et déjà prévoir qui va dire quoi à l'issue de la COP21. Les gouvernements, à commencer par le gouvernement français, parleront d'un succès, au vu des engagements souscrits par les grands Etats et des moyens mis à la disposition du fonds vert, destiné à aider les pays en développement à s'inscrire dans une stratégie limitant leurs émissions tout en s'adaptant aux conséquences du changement climatique. Et les ONG parleront d'un échec, au vu de la timidité des engagements pris, qui ne permettront pas de s'inscrire dans une trajectoire à moins de 2 °C d'élévation de la température moyenne.

5

A dire vrai, les uns et les autres auront raison. Les discours tenus par les gouvernements et les décideurs économiques sont aujourd'hui profondément différents de ce qu'ils étaient il y a six ans, à Copenhague. C'est vrai des grands pays émergents, comme la Chine et l'Inde, mais aussi des pays riches, et notamment de nombreux états fédérés, aux Etats-Unis. Quant aux entreprises, elles commencent à intégrer cette contrainte dans leur stratégie. La bouteille demeure cependant plus qu'à moitié vide et l'on peut redouter que la formule qui a fait florès s'agissant des politiques publiques menées face à la crise de l'euro vaille aussi pour le climat : trop peu, trop tard.

Plan de l'article

  1. Sécurité
  2. Fin de partie
  3. Climat

© Altern. économiques, 2015

Pour citer cet article

Frémeaux Philippe, « Le bloc-notes de décembre 2015 », Alternatives économiques, 12/2015 (N˚ 352), p. 98-98.

URL : http://www.cairn.info/magazine-alternatives-economiques-2015-12-page-98.htm


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