Accueil Magazines Magazine Numéro Article

Alternatives économiques

2015/5 (N° 346)


ALERTES EMAIL - MAGAZINE Alternatives économiques

Votre alerte a bien été prise en compte.

Vous recevrez un email à chaque nouvelle parution d'un numéro de ce magazine.

Fermer

Pages 5 - 5 Article suivant
1

L'affaire grecque tourne au vinaigre. La victoire de Syriza en janvier dernier avait suscité l'espoir d'un tournant européen. Trois mois plus tard, il n'en est rien. Au contraire, la domination des fanatiques de l'austérité semble même renforcée. Notamment parce que la gauche au pouvoir en France, en Italie et en Allemagne - les trois principaux pays de l'Eurozone - a manifestement renoncé à toute ambition de réorienter l'Europe. François Hollande, comme Matteo Renzi et Sigmar Gabriel laissent la main à Wolfgang Schaüble et Angela Merkel pour obliger Alexis Tsipras à choisir entre appliquer, pour l'essentiel, le programme imposé à son prédécesseur par l'ex-troïka ou se trouver en défaut de paiement.

2

Certes, le gouvernement grec porte une part non négligeable de responsabilité : inexpérimentés, les dirigeants de Syriza ont braqué les gouvernants du nord de l'Europe et leurs opinions publiques. Certes, Yanis Varoufakis est indéniablement un économiste de premier plan, mais ce ne sont pas forcément les mêmes qualités qui font les ministres efficaces. Certes, la Grèce, qui pèse 1,8 % du PIB de la zone euro, ne constitue pas un enjeu économique majeur pour l'avenir de la monnaie unique. Et la zone euro dispose sans doute aujourd'hui des moyens de faire face à son éventuelle sortie tout en limitant les risques graves de contagion.

3

Il n'empêche. En cherchant à écraser Syriza, les gouvernements européens prennent au minimum un risque géopolitique important dans une région, les Balkans, de tout temps très instable. Si la Grèce, poussée à bout, devait se rapprocher de la Russie ou laisser entrer en masse les réfugiés du Moyen-Orient, les comptables tatillons de l'Eurogroupe seraient bien avancés (et nous avec). Et surtout le message envoyé, non seulement aux Grecs, mais à l'ensemble des Européens - votez pour qui voulez, de toute façon cela ne changera rien - est dévastateur. Il ne peut qu'encourager partout les ennemis de l'Europe. A un moment où, au contraire, il faudrait pouvoir remobiliser nos concitoyens pour relancer l'intégration européenne tant sur le plan de la fiscalité, que de la défense, ou encore du climat et de l'énergie...


© Altern. économiques, 2015

Pour citer cet article

Duval Guillaume, « Vinaigre », Alternatives économiques, 5/2015 (N° 346), p. 5-5.

URL : http://www.cairn.info/magazine-alternatives-economiques-2015-5-page-5.htm


Pages 5 - 5 Article suivant
© 2010-2014 Cairn.info
back to top
Feedback