Accueil Magazines Magazine Numéro Article

Alternatives économiques

2015/6 (N° 347)


ALERTES EMAIL - MAGAZINE Alternatives économiques

Votre alerte a bien été prise en compte.

Vous recevrez un email à chaque nouvelle parution d'un numéro de ce magazine.

Fermer

Article précédent Pages 98 - 98

Répartition

1

C'est en ce mois de juin que devraient se conclure les négociations sur le financement des retraites complémentaires gérées par l'Agirc-Arrco. Le haut niveau du chômage pèse sur les rentrées de cotisations, qui ne sont pas à la hauteur des pensions dues. L'écart est significatif, puisqu'il tourne autour de 6 % des sommes versées par l'Agirc et l'Arrco. Il a jusqu'à présent été comblé en puisant dans les réserves qu'avaient constituées les deux régimes pour lisser le choc entraîné par le départ à la retraite des baby-boomers. Mais ces réserves sont en voie d'épuisement. Le choix est simple : il faut donc soit augmenter les cotisations - de l'ordre de 0,15 % de la masse salariale -, soit réduire significativement pour quelques années les pensions des nouveaux retraités, soit freiner l'évolution de toutes les pensions au-delà des mesures déjà prises.

2

Le patronat s'oppose à toute hausse des cotisations. Les syndicats de salariés sont divisés entre ceux qui refusent toute baisse des pensions et ceux qui estiment que l'effort doit être réparti entre les actifs et les retraités. La négociation s'annonce donc difficile. Pour autant, il n'y a pas de quoi paniquer. Les retraites complémentaires, comme la retraite de base que gère la Cnav, ne peuvent faire faillite, puisqu'elles fonctionnent selon le principe de répartition. Il leur faut cependant adapter leurs paramètres de fonctionnement afin d'assurer la balance entre cotisations et pensions versées, année après année.

Collège

3

La réforme du collège prévoit d'accorder à chaque établissement une marge d'autonomie significative. De quoi rompre avec le sacro-saint principe qui veut que l'enseignement dispensé soit le même en tout point de la République. Certains enseignants en redoutent un accroissement des inégalités. C'est un risque, mais au vu de l'existant, il vaut la peine d'être pris. Le collège actuel est tout sauf égalitaire, dans les cursus qu'il propose, dans les moyens dont il dispose et dans les résultats qu'il produit. Alors que le niveau des élèves à l'entrée en sixième est très hétérogène, le collège actuel échoue à réduire les inégalités scolaires ; il tend même à les aggraver. Il échoue aussi à donner à tous les élèves les connaissances et les compétences nécessaires pour s'intégrer dans la vie active et exercer pleinement ses responsabilités de citoyen.

4

Dans ce contexte, rendre les enseignants, dans chaque établissement, plus responsables des résultats de leur enseignement, favoriser la prise d'initiative et le travail collectif sont assurément un pari. C'est en effet une révolution culturelle majeure pour les enseignants enfermés dans un exercice solitaire de leur métier et cantonnés à la seule transmission des savoirs propres à leur discipline. Mais si les enseignants s'en saisissent, cette réforme peut donner à la promesse du collège unique la consistance qu'elle n'a jamais acquise depuis sa formulation, il y a maintenant quarante ans. L'alternative ? Le retour aux filières et à la sélection précoce des élèves, comme le propose l'opposition. Un choix socialement injuste et économiquement régressif.

Congrès

5

Tenir un congrès quand on est aux manettes est un exercice difficile pour tous les partis. Il l'est tout particulièrement quand on se veut de gauche et que vos dirigeants gèrent un pays en situation difficile avec d'étroites marges de manoeuvre. Autant dire que le congrès de Poitiers du Parti socialiste ne restera pas dans les mémoires. Une majorité de militants - et de dirigeants - s'est rassemblée autour d'une motion de soutien au gouvernement par réflexe légitimiste. Mais nombreux sont ceux qui ont voté avec leur pied au vu de l'évolution des effectifs du parti. Dans ce contexte, au moment où l'UMP veut s'appeler Les Républicains, le réalisme, pour le PS, ne serait-il pas d'adopter pour nom "Les Démocrates" ? C'est-à-dire un parti plus libéral sur le plan des moeurs, plus soucieux de cohésion sociale que la droite, mais qui en diffère peu en matière économique, par choix ou par raison.

Plan de l'article

  1. Répartition
  2. Collège
  3. Congrès

© Altern. économiques, 2015

Pour citer cet article

Frémeaux Philippe, « Le bloc-notes de juin 2015 », Alternatives économiques, 6/2015 (N° 347), p. 98-98.

URL : http://www.cairn.info/magazine-alternatives-economiques-2015-6-page-98.htm


Article précédent Pages 98 - 98
© 2010-2014 Cairn.info
back to top
Feedback