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Alternatives économiques

2015/7 (N° 348)


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Les continents sont comme de grandes îles au milieu de l'immensité océane : la surface du globe est occupée à 70 % par les mers, davantage encore dans l'hémisphère Sud (81 %), un peu moins dans l'hémisphère Nord (61 %). Les hommes, espèce terrestre, ont vite saisi qu'ils n'en devaient pas moins apprendre non seulement à vivre avec l'océan, mais encore à l'utiliser, à l'exploiter.

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Le respect de l'océan est nettement plus problématique : la mer est de longue date une immense poubelle où les hommes déversent leurs déchets et leurs eaux usées, confiants dans la capacité de cette immensité liquide à digérer peu à peu toutes les pollutions sans dommage. Le XXe siècle nous a, lentement mais sûrement, convaincus du contraire et le XXIe siècle doit sonner la mobilisation générale pour préserver la planète bleue.

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Cette planète bleue, nous allons d'abord l'observer en surface, là où s'activent des populations nomades qui pêchent, transportent ou migrent, dans des conditions souvent particulièrement dramatiques. La mer est sillonnée de routes virtuelles que les hommes n'ont pas eu à construire, mais qu'ils ont tracées sur des cartes, aujourd'hui numériques.

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Sous sa surface, la mer révèle toutes ses ressources. D'abord, en apportant 16 % des protéines animales consommées dans le monde. Mais après avoir surexploité les ressources halieutiques, les hommes visent désormais un nouvel eldorado : le fond de la mer. C'est là que nos sociétés, addictes aux énergies fossiles, vont aujourd'hui chercher les hydrocarbures qui asphyxient la planète, plongeant leurs tuyauteries dans les profondeurs de l'océan, au risque de pollutions gigantesques en cas d'accident. En attendant d'y chercher les métaux qui manquent désormais sur les continents. Les fonds marins, ce sont aussi des centaines de câbles, utilisés naguère pour le télégraphe puis pour le téléphone, aujourd'hui pour la quasi-totalité des communications de l'Internet, qui relient les hommes de tous les continents.

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En ce temps de mondialisation, pour le meilleur et pour le pire, on ne s'étonnera donc pas de voir les hommes, de plus en plus nombreux, se regrouper sur les littoraux, souvent dans de grandes métropoles portuaires dont le réseau structure les communications, la production et les échanges mondiaux. Mais ils se précipitent aussi au bord de la mer pour y trouver le repos, car la mer, même surexploitée et maltraitée, séduit toujours, synonyme de vacances, d'aventure, de mystère infini. Oeuvrons pour que le poète puisse continuer à chanter : "Raconte-moi la mer, dis-moi le goût des algues."


© Altern. économiques, 2015

Pour citer cet article

Vindt Gérard, « La planète mer », Alternatives économiques, 7/2015 (N° 348), p. 49-49.

URL : http://www.cairn.info/magazine-alternatives-economiques-2015-7-page-49.htm


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