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Alternatives économiques

2016/2 (N° 354)


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Brexit

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La négociation ouverte entre le gouvernement britannique et ses partenaires de l'Union européenne afin de faire évoluer le contrat d'adhésion du Royaume-Uni à l'Union devrait se clore ce mois-ci. Issue probable : des concessions de part et d'autre. De quoi permettre à David Cameron d'appeler à voter oui au référendum de juin prochain, et aux autres nations européennes d'espérer conserver au sein de l'Union cet Etat membre jaloux de sa souveraineté, mais dont le départ serait lourd de conséquences, en raison de son poids économique et stratégique.

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Au-delà de cette première étape, le résultat du référendum demeure bien incertain, tant les bénéfices de l'appartenance à l'Union sont douteux aux yeux des Britanniques. Au-delà de la rhétorique anti-immigration mobilisée par les partisans du Brexit, qui n'est pas sans rappeler celle du Front national en France, il faut bien avouer que le bilan de l'Union, au cours de ces dernières années, ne donne guère envie : gestion calamiteuse de la crise de l'euro, incapacité à faire face de manière solidaire au défi posé par l'afflux des réfugiés, etc., les exemples sont légion. Face au risque de Brexit, face au repli nationaliste observé également dans nombre de pays d'Europe centrale, il est temps que les dirigeants des pays du coeur de l'Union se ressaisissent et redonnent au projet européen une perspective qui ne se réduise pas à cette gestion restrictive des acquêts. L'Europe, c'est comme la bicyclette, quand elle n'avance pas, elle tombe, avait coutume de dire Jacques Delors. C'est bien le risque auquel nous sommes confrontés.

Formation

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Former 500 000 chômeurs ! C'est une des mesures phares du programme pour l'emploi annoncé par François Hollande début janvier. Pourquoi maintenant ? Au-delà des perspectives électorales et de l'effet positif des départs en formation sur les statistiques du chômage, la mesure fait sens si elle permet à ces personnes d'accéder à l'emploi alors que l'activité frémit. Ce qui suppose cependant, au-delà des besoins constatés sur quelques métiers "en tension", que la reprise s'affirme et que les formations dispensées soient de qualité, deux conditions loin d'être encore remplies.

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Au-delà, on fait souvent observer, pour justifier cet effort, que les milliards d'euros dépensés pour la formation professionnelle ne vont pas à "ceux qui en ont le plus besoin". De fait, les dépenses de formation - tout au moins jusqu'à la dernière réforme qui a déstabilisé tout l'édifice - vont prioritairement aux salariés en poste et, au sein de ceux-ci, à ceux qui sont les plus qualifiés. Est-ce réellement si scandaleux qu'on le dit ? Les métiers qualifiés sont aussi ceux qui mobilisent des compétences en évolution constante. Former les plus qualifiés est donc une condition de la compétitivité des entreprises comme de l'employabilité future de leurs salariés. Ce qui n'interdit évidemment pas de déployer parallèlement davantage d'efforts pour former les chômeurs éloignés du marché du travail et donner des possibilités d'évolution à tous ceux qui, dans les entreprises, occupent des postes de faible niveau de qualification.

Licenciement

5

Le gouvernement s'apprête à satisfaire une des exigences répétées du patronat en plafonnant les indemnités prud'homales extraconventionnelles qui peuvent être obtenues par un salarié en cas de licenciement. Pour le patronat, l'incertitude sur le montant de ces indemnités serait un puissant frein à l'embauche. Comment en effet prendre le risque d'embaucher si demain, confronté à un retournement de conjoncture, on doit faire face à des coûts inconnus à l'avance et qui peuvent varier du simple au triple ? En réalité, c'est un gros mensonge : une entreprise qui voit ses carnets de commandes se vider procède à des licenciements pour cause économique, des licenciements dont le coût est défini par la loi et les conventions collectives. Les indemnités extraconventionnelles sont dues uniquement quand le licenciement est effectué pour motif personnel et reconnu sans cause réelle et sérieuse par les tribunaux. C'est donc bien la protection des salariés contre l'arbitraire patronal qui s'en trouverait sérieusement affaiblie.

Plan de l'article

  1. Brexit
  2. Formation
  3. Licenciement

© Altern. économiques, 2016

Pour citer cet article

Frémeaux Philippe, « Le bloc-notes de février 2016 », Alternatives économiques, 2/2016 (N° 354), p. 98-98.

URL : http://www.cairn.info/magazine-alternatives-economiques-2016-2-page-98.htm


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