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Alternatives économiques

2016/3 (N° 355)


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Constance

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Il faut concéder une qualité à nos gouvernants : leur constance. Faute d'avoir pu obtenir une relance au niveau européen en 2012, François Hollande a décidé de tout miser sur la flexibilité par les prix pour retourner la courbe du chômage. D'où le Cice puis le pacte de responsabilité. Les coûts salariaux ont été réduits, les entreprises ont amélioré leurs marges. Tout cela, sans résultat sur le front de l'emploi, la faiblesse persistante de la demande dissuadant les entreprises d'investir ou d'embaucher.

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Quatre ans plus tard, on aurait pu imaginer que le gouvernement allait finir par en tirer les leçons et mener une politique plus équilibrée alliant soutien à l'offre et soutien à la demande. Eh bien non ! Après la flexibilité par les coûts, on passe aujourd'hui à la flexibilité par les quantités, en permettant aux entreprises d'ajuster plus aisément leur main-d'oeuvre disponible à la hausse ou à la baisse. Qui peut croire que pouvoir faire travailler toujours plus les salariés va créer des emplois ? Ou que licencier sans risque va multiplier les embauches ? Cela devrait plutôt en supprimer aussi longtemps que l'activité demeurera peu dynamique. Sauf à croire que les entreprises vont devenir si compétitives qu'elles seront conduites à embaucher pour répondre à une demande étrangère en forte croissance !

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Ce n'est pas sérieux. La grande majorité des entreprises françaises travaillent pour le marché intérieur. Quant à gagner des parts de marché à l'export, au-delà des prix, c'est d'abord une affaire de qualité et de diversité de l'offre, pas de contenu du code du travail. Le patronat pousse son avantage, en profitant du haut niveau du chômage. Quant au gouvernement de Manuel Valls et de François Hollande, il s'imagine faire preuve de courage politique en jouant contre son camp.

Référendum

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En promettant un référendum sur l'aéroport Notre-Dame-des-Landes, ce même gouvernement a cru s'éviter d'avoir à trancher un dossier qui divise l'opinion. Il n'a fait que déplacer le problème. Car qui donc interroger ? Et quelle doit être la question ? Imaginons qu'on demande aux habitants résidant dans l'agglomération nantaise : "Souhaitez-vous qu'on déménage l'aéroport de Nantes-Atlantique afin que les avions ne volent plus au-dessus de vos maisons ?" La réponse serait à coup sûr positive. En revanche, le résultat pourrait bien être différent si on interroge tous les habitants du Grand Ouest avec la question suivante : "Souhaitez-vous que soit construit un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes, en sus des aéroports existants à Rennes et à Nantes, sachant que ces derniers sont loin d'être saturés et qu'au-delà des dégâts écologiques irréversibles liés à la construction de ce nouvel aéroport, sa rentabilité est très incertaine compte tenu de son coût ?"

Assurance chômage

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Le maintien depuis maintenant sept ans d'un haut niveau de chômage a mis à mal les comptes de l'assurance chômage, dont la dette dépasse désormais les 25 milliards d'euros. Alors que les règles d'indemnisation sont en train d'être renégociées, le patronat souhaite faire des économies en introduisant une dégressivité des allocations. Cette mesure ne ferait que paupériser les chômeurs qui peinent à retrouver un emploi. Autre idée : supprimer les droits spécifiques assurés aux chômeurs dès l'âge de 50 ans, puisque désormais il faut travailler jusqu'à 62 ans. Une proposition indécente quand on sait que les recruteurs continuent de discriminer les demandeurs d'emploi âgés, parfois même avant 50 ans. En fait, aussi longtemps que le chômage est au plus haut, il importe surtout d'assurer un haut niveau d'indemnisation, en bonne logique contracyclique, quitte à ce que l'Unédic s'endette.

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En revanche, imaginons que, demain, la situation de l'emploi s'améliore fortement, il pourrait alors faire sens de réduire à la marge les droits des chômeurs, afin de permettre à l'Unédic de rembourser ses dettes, en ayant moins de charges et plus de recettes. A condition toutefois que le patronat ne réclame pas aussitôt une baisse des cotisations !

Plan de l'article

  1. Constance
  2. Référendum
  3. Assurance chômage

© Altern. économiques, 2016

Pour citer cet article

Frémeaux Philippe, « Le bloc-notes de mars 2016 », Alternatives économiques, 3/2016 (N° 355), p. 98-98.

URL : http://www.cairn.info/magazine-alternatives-economiques-2016-3-page-98.htm


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