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Alternatives Internationales

2011/12 (n° 53)


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Tuer et être tué. La guerre, régulière ou pas, peut brutalement se résumer à ce binôme. Chaque camp tente de réduire les risques pour lui-même, en infligeant le maximum de pertes matérielles et humaines à l'autre afin qu'il rende les armes, militaires et politiques. A quel moment un pays comme la France doit-il s'engager dans une telle épreuve ? Si son territoire est directement menacé, il n'a pas le choix. Mais si la décision d'intervenir (ou pas) concerne celui d'un autre Etat, parfois très éloigné des frontières de l'Hexagone, comme l'Afghanistan, pour quelles valeurs et pour quels intérêts la France doit-elle porter le fer et risquer la vie de ses soldats ?

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Le récent conflit libyen, dont le nombre de victimes reste inconnu, fut à bien des égards une guerre un peu trompeuse pour la France. Et d'abord parce que Paris a atteint son objectif sans aucune perte. Aucune perte dans ses rangs, s'entend. Car si les pilotes français sont souvent rentrés de mission sans larguer leurs bombes pour ne pas risquer de faire de victimes civiles, ont-ils pu éviter tout à fait que certains non-combattants meurent sous certains de leurs coups ? L'OTAN déclare ne connaître aucun cas confirmé de morts civiles du fait de ses bombardements. Il faudra attendre un (hypothétique) bilan complet de la guerre pour en savoir peut-être plus. Surtout, si Paris et ses alliés ont pu épargner la vie de leurs hommes en n'employant que les armes aérienne et navale, c'est parce qu'ils avaient au sol un allié local, les troupes du Conseil national de transition libyen. Et en arrière du front, le plus souvent, le puissant soutien logistique des Etats-Unis (lire p. 57).

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Le conflit libyen fut aussi une guerre ambiguë parce que les puissances occidentales ont beaucoup " sollicité " (lire p. 51) la résolution 1973 du Conseil de sécurité qui autorisait l'usage de la force pour protéger les populations civiles, mais pas explicitement pour renverser le régime tyrannique de Kadhafi. Que ce détournement fût légitime ou pas face au dictateur de Tripoli fait débat (lire p. 54). Ce fut en tout cas dès le début un choix politique, celui d'un belligérant contre l'autre, tant l'emploi de la force militaire exige le plus souvent de se ranger dans un camp, quelles que soient désormais les tentations rhétoriques pour faire de la guerre une simple intervention technique (lire p. 50 et 55). Ce fut évidemment un risque majeur, car au moment de s'engager et malgré les progrès de la technique militaire, l'issue d'un conflit est toujours incertaine (lire p. 52). Pour ceux qui décident de prendre les armes, comme pour ceux qui, combattants ou pas, en subissent le feu.


© Altern. économiques, 2011

Pour citer cet article

Mens Yann, Piot Olivier, « Quand la France doit-elle entrer en guerre ? (introduction au dossier) », Alternatives Internationales, 12/2011 (n° 53), p. 49-49.

URL : http://www.cairn.info/magazine-alternatives-internationales-2011-12-page-49.htm


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