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Alternatives Internationales

2011/3 (n° 50)


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Face aux fuites ou aux révélations d'organisations telle WikiLeaks, les Etats invoquent l'utilité du secret pour assurer la sécurité nationale ou négocier à l'abri des groupes de pression. Mais les gouvernants s'en servent aussi pour contourner la justice ou se protéger du contrôle de l'opinion. Comment trouver le juste équilibre ?

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Avant de distiller en novembre dernier la somme de télégrammes diplomatiques américains livrée par le site internet WikiLeaks, le New York Times, auquel Julian Assange en avait accordé l'exclusivité, ainsi qu'à quatre autres journaux, les a passés au peigne fin. Pour en extraire les plus pertinents. Mais aussi pour effacer ce qui pouvait menacer la sécurité nationale des Etats-Unis ou mettre en danger la vie de personnes qui avaient communiqué des informations sensibles aux ambassades.

2

La première restriction a donné lieu à débat avec l'administration d'Obama, que le journal avait informé de ce qu'il allait publier - comme le raconte Bill Keller  [1][1] "Dealing with Assange and the WikiLeaks Secrets", New..., l'un des responsables du quotidien. A propos d'activités de renseignement par exemple, que les autorités ne souhaitaient pas voir évoquer dans la presse. Dans certains cas, les journalistes ont accepté leur argument. Dans d'autres, non. En revanche, ils ont suivi leurs recommandations concernant les informateurs des diplomates américains. Une précaution que WikiLeaks lui-même n'avait pas toujours prise dans le passé, note Bill Keller, même si Julian Assange affirme qu'à sa connaissance, personne n'a eu à en souffrir. " Transparence et discernement ne sont pas incompatibles - et c'est sans doute ce qui nous distingue de la stratégie de fond de WikiLeaks " notait Sylvie Kauffmann, directrice de la rédaction du Monde, associé comme le New-York Times aux révélations.

3

Chacun (ou presque) en effet convient que l'action militaire ou diplomatique exige une part de discrétion. Qu'il serait irresponsable de publier des données essentielles concernant des sites nucléaires dont pourraient profiter des terroristes. Ou de faire capoter la négociation d'un accord de paix en la révélant trop tôt aux groupes de pression qui y sont opposés. D'autres questions sont plus délicates : quelles informations concernant la conduite d'un conflit, par exemple, doivent être cachées aux citoyens, voire au Parlement d'un pays dont les troupes sont engagées ? Aucun Etat ne peut sans doute dresser une liste précise, figée, des sujets qui doivent être couverts par le secret. Mais toutes les grandes démocraties ont édicté des règles, plus ou moins contraignantes selon leur histoire particulière (lire p.54 et s.), pour tenter de limiter la marge de manoeuvre d'un pouvoir exécutif toujours prompt à la dissimulation face à l'opinion, mais aussi face à la justice. En France, par exemple.

Notes

[1]

"Dealing with Assange and the WikiLeaks Secrets", New York Times, 26 janvier 2011.


© Altern. économiques, 2011

Pour citer cet article

Mens Yann, « Qu'est-ce qui doit rester secret ? », Alternatives Internationales, 3/2011 (n° 50), p. 53-53.

URL : http://www.cairn.info/magazine-alternatives-internationales-2011-3-page-53.htm


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