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Alternatives Internationales

2011/6 (n° 51)


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Les Israéliens ont le droit de vote. Il serait peut-être temps qu'ils s'en servent. Le processus de paix était déjà en piteux état avant l'arrivée de Benyamin Nétanyahou au pouvoir, en mars 2009. Depuis, il a sombré. Ce qui n'a rien de surprenant puisque c'est déjà Bibi, comme le surnomment ses compatriotes, qui avait porté les premiers coups de massue au processus d'Oslo, lors de son précédent passage à la primature entre 1996 et 1999. Bien sûr, les dirigeants palestiniens ont leur part de responsabilités dans cette glissade vers l'échec. Par leur inefficacité, leurs ambiguïtés, leurs divisions internes... Il n'empêche. Benyamin Nétanyahou prétend accepter le principe d'un Etat palestinien (démilitarisé), mais refuse toute réelle concession et multiplie les faits accomplis sur le terrain pour empêcher qu'un tel scénario se réalise. Même Barack Obama, qui croyait pouvoir obtenir de lui le gel de la colonisation en Cisjordanie, a dû se rendre à l'évidence.

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Si ses concitoyens laissent Nétanyahou poursuivre dans cette voie, Israël va se trouver de plus en plus isolé. Déjà, plusieurs pays ont décidé de reconnaître l'Etat palestinien dans les frontières de 1967. Jusqu'ici, il s'agissait d'Etats latino-américains essentiellement. Mais voici que des pays européens, dont la France et le Royaume-Uni, envisagent de se joindre à eux pour adopter une résolution en ce sens aux Nations unies en septembre, si d'ici là le processus de paix ne redémarre pas. Un texte de plus ? Et alors, diront les cyniques ? Il y en a déjà toute une série qui laissent l'Etat hébreu de marbre. Grâce à la protection de son allié américain surtout, qui sur cette affaire semble rester du côté d'Israël. Sans doute, mais les choses changent. Chez les Palestiniens, d'abord. Le Premier ministre, Salam Fayyad, bâtit peu à peu en Cisjordanie une infrastructure fonctionnelle (administration, police, services publics...), qui a toutes les couleurs d'un Etat, sans en avoir encore le nom. Et puis, le Fatah et le Hamas sont (provisoirement ?) réconciliés. Surtout, au-delà des Palestiniens, le printemps arabe change la donne. Longtemps, Israël s'est prévalu d'être la seule démocratie du Proche-Orient. Demain, tôt ou tard, d'autres seront ses voisines. Elles auront plus de crédit que les dictatures passées pour mettre l'Etat hébreu devant ses responsabilités sur la scène internationale. Allié américain ou pas, il risque alors de se sentir seul. Pourquoi attendre jusque-là ? Les citoyens israéliens devraient vraiment ressortir leur carte d'électeur.


© Altern. économiques, 2011

Pour citer cet article

Mens Yann, « Aux urnes, Israéliens ! », Alternatives Internationales, 6/2011 (n° 51), p. 5-5.

URL : http://www.cairn.info/magazine-alternatives-internationales-2011-6-page-5.htm


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