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Alternatives Internationales

2011/9 (n° 52)


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Cette fois, ce devait être la fin. La fin du paternalisme colonial, des relations clientélistes, des réseaux barbouzards que droite et gauche avaient l'une et l'autre longtemps cultivés. La fin d'une époque, en somme. Et une relève de génération toute naturelle puisqu'en France comme au sud du Sahara, les dirigeants nouveaux étaient nés à la politique après les indépendances africaines.

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Las, la rupture promise par Nicolas Sarkozy a tourné en eau de boudin. Des discours rances ont refait surface. Sur le paysan africain par exemple, dont l'imaginaire, dixit le chef de l'Etat en juillet 2007, exclut l'aventure humaine et l'idée de progrès ! Avec ces chromos pseudo-anthropologiques sont remontés des réflexes politiques de toujours : cour appuyée aux potentats, recours aux intermédiaires parallèles... Rien n'a changé alors dans la politique africaine de la France ? Si. Le coeur n'y est plus, et l'argent se fait rare (lire entretien p. 57-59). Nicolas Sarkozy n'a pas lancé ce mouvement, mais il l'a amplifié.

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Dans le même temps, le continent est supposé rester un terrain d'influence naturel de Paris qui estime en avoir encore besoin pour compter sur la scène internationale. Mais cela doit se faire à moindres frais. Les autres pays européens sont invités à passer à la caisse, à fournir une couverture diplomatique, voire des troupes, étant entendu que la France veut garder le volant des initiatives communes au titre de sa présumée connaissance de l'Afrique. Présumée, car les responsables politiques de l'Hexagone ont du mal à mesurer l'ampleur des mutations politiques, économiques sociales... que connaissent les sociétés africaines. Des mutations qui, aux yeux des intellectuels du continent (lire p. 50 et s.), devraient donner un cours différent aux relations entre la France et l'Afrique.

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Mais les responsables français ont surtout l'oeil rivé sur les nouveaux acteurs, Chine, Inde ou Turquie..., qui lorgnent (eux aussi) les richesses du continent. Et ils ne cessent de mettre en garde les dirigeants africains contre le désenchantement qui les guette s'ils cèdent à ces sirènes. A raison, probablement. Mais si elles sont écoutées au sud du Sahara, c'est parce que les vieux amis supposés du continent traitent trop souvent les Africains d'une façon indigne, surtout lorsqu'ils tentent de venir en Europe. La montée en force de nouvelles puissances permet au moins à l'Afrique de faire jouer la concurrence. L'un des rares leviers dont elle dispose pour se faire entendre par la France, à défaut que celle-ci la respecte comme elle le prétend.


© Altern. économiques, 2011

Pour citer cet article

Mens Yann, Piot Olivier, « France-Afrique : changeons enfin de relations ! (introduction au dossier) », Alternatives Internationales, 9/2011 (n° 52), p. 48-48.

URL : http://www.cairn.info/magazine-alternatives-internationales-2011-9-page-48.htm


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