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Alternatives Internationales

2012/12 (N° 57)


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En politique, on choisit ses ennemis, beaucoup moins ses alliés. François Hollande et ses homologues occidentaux, inquiets de voir le terrorisme s'étendre dans un Sahel tout proche du territoire européen, en font de nouveau l'expérience. Sur qui sont-ils contraints de compter dans cette délicate affaire ? Tout dépend de la méthode.

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Pour l'opération de reconquête militaire qu'ils préparent, ils doivent d'abord s'appuyer sur le fer de lance le plus légitime : la troupe malienne elle-même que la longue déliquescence du régime d'Amadou Toumani Touré, dont certains chefs militaires préféraient le lucratif trafic de cocaïne à la discipline des armées, a totalement désorganisée. Et que le coup d'État militaire de mars dernier, même suivi d'un retour à une transition démocratique, n'a pas remise en ordre de bataille. Une exception peut-être ? Les quelques officiers touaregs restés officiellement fidèles à l'armée malienne et qui sont exilés au Niger avec leurs hommes depuis la chute du Nord. Autres troupes régulières qui feront partie d'une opération de reconquête de la région : les soldats fournis par des armées africaines, peu entraînées pour la plupart au combat dans le désert, quels que soient les équipements, la formation express ou l'assistance que Paris et d'autres leur fourniraient. N'oublions pas des forces irrégulières, et donc moins contrôlables encore que les précédentes : les milices formées de non-Touaregs, pour certains issus du Nord  [1][1] "Les minorités regardent l'avenir avec hostilité",... et qui ont une revanche à prendre. Tout cela n'est pas très engageant.

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Pourquoi pas une négociation alors, plutôt que la guerre ? Hélas, côté Touaregs, les participants potentiels apparaissent bien peu fiables, tant ils semblent incapables de tenir une position (politique). Ainsi, des indépendantistes du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) qui avaient les premiers lancé en janvier la rébellion au Nord, tout en expliquant aux Occidentaux qu'ils entendaient éradiquer Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) de la région. Mais qui ont ensuite été balayés par les mouvements jihadistes. Si le MNLA se dit désormais prêt à renoncer à l'indépendance pour l'autonomie, c'est surtout pour éviter que le pouvoir de Bamako reprenne le contrôle de "sa" région avec l'aide étrangère et le mette, lui aussi, sur la touche. En face, à côté, ou contre le MNLA, on ne sait jamais très bien, il y a surtout la girouette Ansar al-Din, un groupe tantôt allié d'Aqmi et des autres mouvements jihadistes, tantôt ouvert à la négociation. Voire récemment prêt à renoncer à la charia… sauf dans son fief de Kidal, alors qu'il voulait l'appliquer auparavant à tout le pays. Une seule chose est sûre. Aqmi, lui, a un allié très sûr : les divisions des Maliens. Des divisions face auxquelles François Hollande et ses homologues paraissent bien désarmés.

Notes

[1]

"Les minorités regardent l'avenir avec hostilité", Alternatives Internationales n°56, Septembre 2012.


© Altern. économiques, 2012

Pour citer cet article

Mens Yann, « Gardez-moi de mes alliés », Alternatives Internationales, 12/2012 (N° 57), p. 5-5.

URL : http://www.cairn.info/magazine-alternatives-internationales-2012-12-page-5.htm


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