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Alternatives Internationales

2013/12 (N° 61)


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Un risque de guerre écarté au Moyen-Orient. Provisoirement peut-être, mais tout de même. Comment ne pas se réjouir ? L'accord sur le nucléaire iranien conclu à Genève le 23 novembre dernier est une bonne nouvelle. Chacun a fait les concessions nécessaires pour pouvoir à la fois sauvegarder ses intérêts majeurs et rentrer chez lui sans être immédiatement désavoué. Cet accord, cependant, est de mauvais augure pour une autre conférence qui devrait se tenir à Genève. Sur la Syrie, celle-là. Le scénario diplomatique prévoit que des représentants de Damas et de l'opposition forment, au terme de longues discussions, une autorité transitoire qui exercerait le pouvoir, puis organiserait des élections. Dans ce schéma idyllique, Bachar al-Assad accepterait alors de quitter gentiment le pouvoir. Or tout, absolument tout dans son comportement jusqu'ici prouve au contraire qu'il faudra l'y contraindre. Qui en aurait les moyens ? Les pays occidentaux semblent exclure toute option guerrière en Syrie. Quant au putsch interne au régime, on l'attend depuis près de trois ans. Seuls donc l'Iran et la Russie qui arment et financent Bachar al-Assad auraient (peut-être) les moyens de le chasser du pouvoir en lui coupant les vivres. Mais le président iranien qui va déjà devoir convaincre les radicaux de son pays qu'il n'a pas trop cédé aux Occidentaux sur le nucléaire, peut difficilement leur demander, en plus, de laisser choir l'allié syrien. Car l'Iran a absolument besoin de la Syrie par laquelle transite toute son aide au Hezbollah, un mouvement qui est le relais de sa puissance au Proche-Orient. Les pays occidentaux sont-ils prêts à lui garantir qu'une fois, Assad parti, Téhéran pourrait continuer à armer le parti de Hassan Nasrallah en passant par Damas ? On serait surpris que Washington, Paris et Londres fassent pareille promesse ! Sans compter qu'il faudrait imposer cette idée aux nouveaux gouvernants syriens.

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Oui, mais la Russie ? Après tout, si Moscou laisse tomber le dictateur syrien, l'Iran ne suffira pas pour le maintenir sur son siège. Admettons, mais pourquoi Vladimir Poutine ferait-il pareil cadeau aux Occidentaux ? A Moscou, en ce moment, on semble plutôt décidé à montrer que la Russie est revenue dans la cour des grands, qu'on ne peut rien faire sans elle. Et puis, même à tort, le Kremlin est convaincu que le régime syrien est un rempart plus efficace que les urnes contre la montée de l'islamisme sunnite en général. Et du jihadisme en particulier, lequel reste actif dans le Caucase russe (lire p. 50). Vladimir Poutine n'est peut-être pas un fan de Bachar al-Assad. Mais ce n'est pas le sujet. Pour Moscou, le dictateur de Damas fait le job. Il cogne, sans se poser de questions.


© Altern. économiques, 2013

Pour citer cet article

Mens Yann, « Accord iranien, désaccord syrien », Alternatives Internationales, 12/2013 (N° 61), p. 5-5.

URL : http://www.cairn.info/magazine-alternatives-internationales-2013-12-page-5.htm


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