Les Grands Dossiers des Sciences Humaines 2006/9
Les Grands Dossiers des Sciences Humaines
2006/9 (N°4)
114 pages
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Cet article : "Repenser la politique de la ville"
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Retour sur les banlieues

Vous consultezRepenser la politique de la ville

Contribution Propos recueillis par
Xavier de la Vega du même auteur


Premières lignes

La ville cristallise de multiples problématiques : religieuses, scolaires, identitaires, économiques. La politique de la ville en France ne saurait ainsi être réduite à une simple intervention sur le territoire. Penser l'urbain, ce n'est pas d'abord transformer les lieux, c'est promouvoir la mobilité de leurs habitants. Les émeutes de novembre 2005 sont le fait,...


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PLAN DE L'ARTICLE

  • Votre livre, Quand la ville se défait (Seuil, 2006), a été motivé par les émeutes de novembre 2005. A vos yeux, cet événement est avant tout la manifestation d'une crise de la ville. Pourquoi ?
  • Dès les premières émeutes, en 1981, les autorités publiques ont voulu traiter le mal par des « politiques de la ville ». Vous critiquez un à un les fondements de ces politiques, à commencer par le plus symbolique d'entre eux : la mixité sociale et son expression légale, la loi SRU qui oblige chaque commune à consacrer 20 % de son habitat au logement social. Rejetez-vous l'objectif même de la mixité sociale, ou bien la manière dont il est mis en œuvre en France ?
  • Vous citez l'exemple d'autres pays, comme les Etats-Unis ou les Pays-Bas, dans le domaine de la mixité sociale. Quels enseignements peut-on retirer de ces expériences ?
  • Doit-on en conclure qu'un « ghetto » n'a rien de mal en soi ?
  • L'une des logiques urbaines les plus pernicieuses est celle qui conduit les parents qui en ont les moyens à retirer leurs enfants des écoles de « mauvaise réputation ». En France, la réponse est généralement d'instaurer une « discrimination positive territoriale » consistant à offrir des moyens supérieurs à certaines écoles (les fameuses zones d'éducation prioritaires), ou bien en offrant un accès privilégié de leurs élèves à Sciences po ou au lycée Henri-IV. On peut penser que beaucoup reste à faire dans cette direction (taux d'encadrement dans les zup, par exemple). Vous préférez à ce type de mesures une politique orientée vers les « gens », les besoins spécifiques des familles défavorisées. Pourquoi ?
  • L'une des grandes critiques que vous émettez à l'encontre des « politiques de la ville » est leur caractère faiblement participatif. En témoigne, selon vous, le fait que les consultations concernant les projets de rénovation ou de destruction des grands ensembles sont purement formelles, destinées à valider des décisions prises a priori. Ces procédés technocratiques vous semblent-ils participer du malaise des banlieues ?
  • Vous évoquez dans votre livre une ville à la confluence d'une « mondialisation par le bas », les réseaux de migration qui la traversent, et d'une « mondialisation par le haut » dont les acteurs influent par exemple sur le prix du foncier. Les maux des grandes villes du Nord n'ont-ils pas dès lors une inscription spatiale qui dépasse de loin la portée de la politique de la ville ?
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