Les recherches du Grape 2007
Mélodrame et mélo-dit de la séparation
2007
224 pages
Editeur
I.S.B.N. 9782749207674
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Vous consultezIntroduction. De l’enfant objet des dysfonctionnements de sa famille à l’enfant objet des idéologies institutionnelles

AuteursDenise Bass[*][*] Denise Bass, directrice du grape, responsable de la recherche...
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du même auteur

Marina Stéphanoff[**][**] Marina Stéphanoff, psychologue au service de placement...
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Alors que la famille est secouée par de multiples mutations à l’image de la société en perte de repères, on peut s’étonner qu’elle reste au cœur des dispositifs de protection de l’enfance, d’accueil et de soins pour les enfants (O. Belhassain, J.-P. Winter, S. Lesourd, D. Gorans).

2 La référence à l’autorité parentale, dans sa lecture la plus rigide, est une des illustrations de l’idéologie du lien indéfectible parents/enfant fondée sur le juridique. Les droits sur l’enfant mais aussi le droit à le voir et à l’avoir, à tout savoir, à tout décider pour lui, voire à en jouir…, ne sont pas sans évoquer l’ancienne puissance paternelle (M. Lucksch).

3 Le manque est inacceptable. « Nous ne savons renoncer à rien » : Freud pointait déjà cette extrême difficulté à penser la séparation. Si autrefois on fondait une famille pour avoir des enfants, aujourd’hui c’est l’enfant qui fonde la famille. Ce renversement de places convoque l’enfant à combler le manque des parents (A. Pellé, D. Lefebvre).

4 Les enfants ont besoin de leurs parents pour se construire, et les travaux de J. Aubry, M. David, G. Appell, entre autres, l’ont largement démontré. Mais aujourd’hui, quand on parle de maintien des liens, est-ce toujours au nom de la souffrance de l’enfant séparé ou au nom du droit des parents ? (L. Detry, V. Malek-Yonan)

5 Même quand leurs compétences ont été remises en cause par un jugement civil ou pénal, les parents conservent l’essentiel des prérogatives afférentes à l’autorité parentale ; paradoxe d’une société qui érige la protection de l’enfant en exigence absolue, mais ne peut supporter de priver des familles défaillantes de leurs enfants ni de l’exercice de leurs droits sur eux. Alors, toute mesure d’assistance éducative ne risque-t-elle pas d’être vidée de son sens ? (C. Chomienne, S. Garcia-Guilhem)

6 Ainsi la loi de 2002, qui est incontestablement une avancée éthique sur le droit des personnes, peut générer des effets pervers et violents pour les enfants (A. Boucher, F. Eudier).

7 La question de la séparation met en tension les logiques juridiques, administratives et financières, éducatives, thérapeutiques et d’accueil, qui s’affrontent plutôt que de pouvoir trouver des modes de compréhension mutuelle (D. Guilhaume).

8 Dans un tel contexte, comment les professionnels investis de la charge de décider de la séparation peuvent-ils la penser autrement que dans la culpabilité ou l’échec ? (P. Martin)

9 Alors, l’enfant risque d’être placé brutalement, dans l’urgence et tardivement, faute d’avoir travaillé l’entre-deux. Ce temps, de l’indication de séparation à celui de l’arrivée en lieu d’accueil, à l’heure actuelle presque inexistant, ne permet pas souvent d’en imaginer les enjeux (L. Choubrac et B. Lepetit).

10 Penser une famille d’accueil plutôt qu’un internat, penser des frères et sœurs ensemble ou séparés…, cela demande, au-delà des synthèses et des rapports, tout un temps d’élaboration (M. Stéphanoff).

11 Quand un lieu d’accueil, et spécialement une famille, est un projet de vie pour l’enfant, cela exige qu’on attende des familles d’accueil bien autre chose qu’une « place libre » (M. Rouyer). Pour que le placement familial soit considéré comme un lieu de soins sur lequel s’appuie le travail de distanciation, base de la fonction structurante de la séparation, il importe qu’au-delà du statut professionnel soient encore reconnus aux assistantes(ts) familiales(aux) la capacité et le désir d’accueillir des enfants avec lesquels elles (ils) partageront leur vie de famille (J. Oxley, J. De Chassey).
La réflexion clinique entre ceux qui reçoivent l’enfant après séparation : services publics et privés, familles d’accueil, tous ceux qui la préconisent (E. Signarbieux) : services sociaux, pédopsychiatres, médecins de pmi, responsables de services d’aemo, directeurs départementaux « enfance et famille », et les juges qui la décident, devrait faire évoluer les représentations des uns sur les autres (J. Riffault), favoriser les échanges et permettre de comprendre les différences nécessaires de logiques selon la mission de l’institution et le degré de responsabilité que cela implique (F. Petitot).

 

Notes

[ * ] Denise Bass, directrice du grape, responsable de la recherche sur le placement familial. Retour

[ **] Marina Stéphanoff, psychologue au service de placement familial de l’association Mésquignon à Élancourt (78).Retour

Mélodrame et mélo-dit de la séparation

POUR CITER CET ARTICLE

Denise Bass et Marina Stéphanoff « Introduction. De l'enfant objet des dysfonctionnements de sa famille à l'enfant objet des idéologies institutionnelles », in Mélodrame et mélo-dit de la séparation, ERES, 2007, p. 9-10.
URL :
www.cairn.info/melodrame-et-melo-dit-de-la-separation--9782749207674-page-9.htm.