Le Carnet PSY 2007/7
Le Carnet PSY
n° 120, 2007/7
52 pages
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Vous consultezCliniques des technologies de l’information et de la communication
Première partie

 
 
 

Présentation Rien ne sert d'invoquer Ésope pour décrire l'Internet comme la pire et la meilleure des choses. Ce tissu magique et concret, avec ses fils et ses noeuds, nous enveloppe tant que nous en ignorons les limites et les trous. Mieux vaut donc essayer de comprendre comment cet objet hypercomplexe est en train de générer de nouvelles formes de subjectivité et de nouveaux régimes de sociabilité. Penser la réalité psychique que sollicite ou qu'impose l'usage d'Internet me confronte à une série de paradoxes. La présence absence de l'autre, l'intimité publique des blogs, la rencontre déconnexion unilatérale, l'aléatoire structuré par le réseau des interactions, la trace immatérielle de l'information, l'être ensemble séparé, tous ces oxymores sont une des formes mentales et affectives de la toile. Quels fantasmes les soutiennent ? Avec le Net, je fais l'expérience d'une autre consistance des liens avec les autres. Je pense ici au fameux ouvrage de D. Riesman, La Foule solitaire (1950), et à celui, plus récent, de Z. Bauman, L'Amour liquide (2000). Ces liens fluides, multiples, éphémères, imprévisibles, délocalisés, à temporalité réduite, sont aussi des liens décorporéisés. Les mouvements pulsionnels et les affects qu'ils déclenchent sont des événements que l'écriture seule ne peut signifier, même si des équivalents iconiques (les "émoticons") sont disponibles. Un lien se qualifie aussi par la sensorialité : voix, regard, toucher, odeur, saveur. Quelles formes de subjectivité se dessinent dans ces nouvelles figures de la rencontre dans lesquelles l'imaginaire est constamment sollicité ? Avec la Toile, je pense et je connais différemment. Au couper-coller et à ses effets "pseudo", j'oppose la liberté de faire connaissance, de questionner sans restriction, de chercher mon chemin. Toutefois, la pensée exige une latence, un différé et une certaine constance, au contraire de l'incessante excitation du réseau. Une question pourrait être, comme dans les groupes : qui pense dans l'Internet et quels contenus de pensée y sont pensés ?

 

SOMMAIRE

Page 1 à 1
René Kaës   L'internet et l'émergence des nouvelles formes de subjectivité

Bloc-notes

Page 14 à 19
  Notes de lectures

Cliniques des technologies de l'information et de la communication

1ère partie : Des souris, des écrans et des hommes

Page 20 à 23
Sylvain Missonnier et Christian Robineau   Pour une psychopathologie psychanalytique du virtuel quotidien
Page 24 à 25
Serge Tisseron   Pourquoi tant d'écrans ? La fascination du virtuel
Page 25 à 28
Claude Allard   L'enfant avec les images
Page 28 à 29
Yann Leroux   Comment la psychanalyse vint à l'internet. Jalons d'une colonisation
Page 30 à 34
Lise Demailly   Que fait l'Internet aux psychanalystes ?
Page 34 à 35
Yann Leroux   e-Groupes
Page 36 à 37
Serge Tisseron   e-Bay, une relation virtuelle
Page 37 à 42
Jean-Yves Hayez   Simple gourmandise ou dépendance à Internet ?
Page 43 à 47
Sylvain Missonnier   Une relation d'objet virtuelle ?
Page 48 à 49
  Bibliographie de la première partie

FICHE TECHNIQUE

Le Carnet PSY 2007/7 (n° 120). 52 pages.
ISSN : 1260-5921
ISSN en ligne : 2107-0954.
Lien : <http://www.cairn.info/revue-le-carnet-psy-2007-7.htm>.