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Présentation

S’il fut jamais un temps où l’ethnographie allait de soi, tel n’est certainement plus le cas aujourd’hui. C’est de cette illusion perdue qu’est née l’idée de ce livre. Non pour regretter une époque qui a surtout existé dans l’imaginaire des anthropologues ni pour ébaucher une chronique de la mort plusieurs fois annoncée de l’anthropologie. Plutôt pour en saisir les enseignements épistémologiques, éthiques et surtout politiques. Et, peut-être aussi, pour s’en réjouir. Car au fond, qui pourrait douter que ce qui constitue le socle de l’enquête mais aussi de l’expérience ethnographiques, à savoir l’immersion dans une altérité volontiers lointaine et souvent exotique, est éminemment problématique ? Fruit d’une réflexion collective conduite à partir de recherches empiriques menées sur trois continents, dans des lieux aussi variés que peuvent l’être un quartier vénitien et un village néocalédonien, un cabinet de psychanalyste et une brigade des mœurs, une zone aéroportuaire d’attente pour des étrangers et un meeting politique de partisans xénophobes, l’ouvrage explore des questions qui se posent de plus en plus aux chercheurs. Comment le genre de l’enquêteur, ses préjugés, ses émotions, ses engagements influent-ils sur la compréhension que l’on peut avoir des sociétés ou des mondes sociaux que l’on étudie ? Comment les attentes, les exigences, les contestations de celles et ceux qui font l’objet de ces enquêtes informent-elles ou, même, transforment-elles le savoir anthropologique et sociologique ? Ce livre plaide ainsi pour une manière réflexive et critique de répondre de sa recherche, dans un contexte où la place des sciences sociales est devenu un enjeu crucial, mais souvent menacé, pour les sociétés contemporaines.


Sommaire

Page 1 à 6

Pages de début

Page 7 à 15

Introduction

L'inquiétude ethnographique
Page 19 à 39

1 : Père de Pwädé.

Retour sur une ethnologie au long cours
Page 41 à 58

2 : Comment faire de l'ethnographie quand on n'aime pas « ses indigènes » ?

Une enquête au sein d'un mouvement xénophobe
Page 59 à 80

3 : Le genre de l'anthropologie.

Faire du terrain au féminin
Page 81 à 98

4 : Les mots pour le dire.

La qualification raciale, du terrain à l'écriture
Page 99 à 120

5 : Prendre le rire au sérieux.

La plaisanterie en milieu policier
Page 123 à 141

6 : Au-delà de la déontologie.

Anonymat et confidentialité dans le travail ethnographique
Page 143 à 163

7 : Devoir se raconter.

La mise en récit de soi, toujours recommencée
Page 165 à 183

8 : Participer en observant.

Étudier et assister les étrangers aux frontières
Page 185 à 204

9 : Les situations de retour.

Restituer sa recherche à ses enquêtés
Page 205 à 225

10 : À l'épreuve des comités d'éthique.

Des codes aux pratiques
Page 229 à 244

11 : Enquêter en milieu convoité.

Les terrains surinvestis de l'anthropologie
Page 245 à 260

12 : Travailler dans des lieux sensibles.

Quand l'ethnographie devient suspecte
Page 261 à 276

13 : Résister à l'enquête ?

Le chercheur face à l'autorité des psychanalystes
Page 277 à 298

14 : Le savoir comme enjeu de pouvoir.

L'ethnologue critiquée par les autochtones
Page 299 à 320

15 : Répondre de sa recherche.

L'anthropologue face à ses « autres »
Page 323 à 328

Conclusion

Remarques sur les politiques de l'intersubjectivité
Page 329 à 336

Pages de fin

Fiche technique

Bensa Alban et Fassin Didier, Les politiques de l'enquête, Paris, La Découverte « Recherches », 2008, 336 pages.
ISBN : 9782707156563.
Lien : <http://www.cairn.info/politiques-de-l-enquete--9782707156563.htm>.

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