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Propagande impériale & guerre financière contre le terrorisme

2007

  • Pages : 334
  • ISBN : 9782748900743
  • Éditeur : Agone

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Quand la guerre survient, la première victime c’est la vérité

hiram johnson

La plus grande partie du matériel que l’on produisait n’avait aucun lien avec le monde réel, pas même cette sorte de lien qui existe dans le mensonge pur et simple. Les statistiques étaient aussi fantaisistes dans leur version originale que dans leur version rectifiée.

george orwell

Le message, c’est qu’il y a le « connu » connu – ces choses que nous savons savoir. Il y a l’« inconnu » connu, c’est-à-dire ces choses que nous savons aujourd’hui ne pas savoir. Mais il y a également l’« inconnu » inconnu, ce que nous ignorons ne pas savoir. Et chaque année nous découvrons un peu plus de cet inconnu inconnu.

donald rumsfeld
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C’EST SUR LE FRONT FINANCIER qu’a débuté la « guerre contre le terrorisme ». Le 24 septembre 2001, dans la roseraie de la Maison Blanche, flanqué de son secrétaire au Trésor Paul O’Neill et du secrétaire d’État Colin Powell, le président George W. Bush, déclarait : « Ce matin, un mouvement majeur de notre guerre contre le terrorisme a résulté d’un simple coup de stylo. Nous avons lancé, aujourd’hui, une attaque contre les fondations financières du réseau terroriste mondial. [1][1]  « President Freezes Terrorists’ Assets », Secrétariat... » Par un décret présidentiel ayant pris effet ce jour-là « une minute après minuit », vingt-sept « organisations et dirigeants terroristes, [dont] une entreprise servant de couverture au terrorisme et plusieurs organisations à but non lucratif » avaient été placés sur liste noire. La déclaration présidentielle précisait qu’il ne s’agissait là que d’un début : dans le cadre de la guerre ouverte contre le terrorisme, il fallait s’attendre à de nombreuses autres frappes financières [2][2] Judith Miller, « The Money Track : The 27 Whose Assets....

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Cette première frappe se devait aussi de résonner dans le monde entier. Dans la mesure où la majorité des avoirs liés au terrorisme se trouvaient hors des États-Unis, la guerre financière contre le terrorisme fut dès le départ mondial. Le Président lança un avertissement à la communauté financière internationale : « Si vous faites des affaires avec les terroristes, si vous les soutenez ou si vous les financez, vous ne ferez plus d’affaires avec les États-Unis d’Amérique. [3][3] « President Freezes Terrorists’ Assets », ibid. » Le jour même, un document émanant de la Maison Blanche étendait la catégorie ciblée à tous ceux qui seraient « associés aux » groupes officiellement qualités de terroristes et annonçait que Washington s’autorisait à « bloquer les avoirs américains des banques qui refusent de geler les avoirs terroristes et à leur interdire l’accès aux marchés américains [4][4] David E. Sanger et Joseph Kahn, « Bush Freezes Assets... ». Il ne fallut pas plus de quelques jours pour que cette campagne fût endossée, sous leadership américain, par les institutions internationales. Les États membres du G7 promirent de mettre sur pied « une stratégie globale pour faire obstacle au financement du terrorisme dans le monde [5][5]  Déclaration des ministres des Finances du G7, 25 septembre... ». Le 28 septembre, le Conseil de sécurité des Nations unies adoptait la Résolution 1 373 exigeant que tous les pays protègent leurs systèmes financiers contre les fonds terroristes. Le Groupe d’action financière (GAFI), organisme chargé du contrôle du blanchiment d’argent dont le siège est à Paris – que l’administration Bush avait jusque-là considéré avec dédain [lire infra, chap. IV] – fut très officiellement désigné comme institution internationale de lutte contre le financement du terrorisme. La Banque mondiale et le Fonds monétaire international ajoutèrent à leur gestion des activités économiques nationales le financement du terrorisme et le blanchiment d’argent [6][6]  Source <www.worldbank.org/finance/html/amlcf>.. D’innombrables organisations internationales, régionales et nationales s’engagèrent à priver tous les réseaux suspectés de terrorisme de soutien logistique et financier.

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La loi USA PATRIOT, adoptée à la hâte, fut ratifiée par le président Bush le 26 octobre 2001 et fournit de nouveaux instruments de lutte contre les financiers du terrorisme[lire infra, chap. IV]. Elle renforçait considérablement les mesures de contrôle financier par l’extension de l’arsenal antiblanchiment, par l’élargissement considérable des définitions respectives du terrorisme et des institutions financières, l’augmentation des prérogatives du pouvoir judiciaire et l’interdiction faite aux banques américaines et autres institutions financières d’accepter des fonds provenant de banques fictives domiciliées dans des paradis fiscaux. En outre, nombre d’articles controversés de cette loi – parmi lesquels l’autorisation accordée au FBI ainsi qu’à différents services policiers et juridiques de recourir plus souvent aux écoutes, à la détention préventive et à la surveillance des communications avec les avocats – étaient justifiés par la nécessité de « perturber » le financement du terrorisme.

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Après le 11 septembre, on mit rapidement sur pied un important système de surveillance des mouvements financiers tant au niveau national qu’international. La First Data Corporation (un des leaders mondiaux du secteur des transactions électroniques dont l’une des filiales n’est autre que Western Union) proposa dès le 13 septembre d’ouvrir ses registres aux enquêteurs américains [7][7] Ron Suskind, The One Percent Doctrine : Deep Inside.... Quelques semaines plus tard, le groupe bruxellois SWIFT (Society for Worldwide International Financial Telecommunications), qui relie 7 800 banques et institutions financières à travers le monde et procède quotidiennement à quelque onze millions d’ordres et de confirmations de virements, acceptait de transmettre des informations aux autorités américaines, dans le cadre d’un programme secret baptisé « Terrorist Finance Tracking Program [Programme de traque du financement du terrorisme] » et géré par la CIA sous l’autorité du département au Trésor [lire infra, chap. IV] [8][8] Eric Lichtblau et James Risen, « Bank Data Is Sifted....

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Une semaine après la première frappe, lors de l’annonce d’une nouvelle liste noire de comptes, le président Bush se vantait de « progrès sur le front financier [9][9] John Willman, Michael Mann, et Richard Wolffe, « US... ». Depuis, la bataille financière s’est à la fois étendue et approfondie. Limitée à l’origine aux groupes terroristes à « portée mondiale », elle a rapidement visé bien au-delà des seuls responsables des attentats contre le World Trade Center et de ceux qui font peser une menace directe sur les États-Unis. Cette bataille se livre également contre des mouvements comme le Hamas et le Hezbollah et les réseaux informels d’agences de transfert de fonds (les hawalas) ainsi que les principales organisations caritatives islamiques [lire infra, chap. V & VI]. Au cours des semaines qui ont suivi les attentats du 11 septembre, les frappes financières se sont succédé à un rythme effréné. Même s’il fut momentanément éclipsé par l’offensive militaire éclair en Afghanistan, ce front-là fit la une de la presse.

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L’offensive financière la plus spectaculaire eut lieu dans la matinée du 7 novembre 2001, quand des agents spéciaux du service des douanes, du fisc, du bureau de contrôle des actifs étrangers et du FBI investirent les bureaux d’Al-Barakaat, une société spécialisée dans les transferts de fonds et les télécommunications ayant ses sièges en Somalie et à Dubaï. Pour la première fois, l’administration visait des individus et des entreprises installés aux États-Unis et suspectés de soutenir et de financer les terroristes. Au même moment, des opérations tout aussi spectaculaires eurent lieu à l’encontre de cette société dans plusieurs pays étrangers, marquant un progrès sans précédent en termes de coopération internationale. Accompagné des principaux membres de son cabinet, le président Bush annonça officiellement cette opération. La société se voyait alors qualifiée d’« intendant du terrorisme » et accusée de verser annuellement entre 15 et 25 millions de dollars à Al-Qaida. On alla même jusqu’à suggérer que Oussama Ben Laden était l’un des fondateurs et copropriétaires d’Al-Barakaat.

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Mais ces accusations se révélèrent plus tard sans fondement. Al-Barakaat n’était pas coupable de terrorisme. Cet épisode jeta une lumière nouvelle sur la guerre financière [lire infra, chap. VIII]. Jugeant la « preuve » fournie par les États-Unis peu convaincante, certains pays (le Canada et la Suède par exemple) refusèrent de sanctionner plus lourdement l’entreprise et ses dirigeants. Aux États-Unis mêmes, Al-Barakaat fut, après une longue bataille, discrètement disculpée. Dans le discours des autorités américaines, l’épisode Al-Barakaat reste pourtant considéré comme une victoire éclatante. Il illustre en fait tous les dysfonctionnements de la guerre financière.

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Après son invasion, l’Irak constitua le nouveau centre de gravité de la guerre financière. Le 20 mars 2003, quelques heures à peine avant que les bombes ne se mettent à pleuvoir, le président Bush signait un décret ordonnant la confiscation de 1,4 milliard de dollars placés par des Irakiens dans les banques américaines. La plupart de ces actifs avaient déjà été gelés par décret en 1990 après l’invasion du Koweït par l’Irak [10][10] Executive Order 12 722 : Blocking Iraqi Government.... Désormais, il s’agissait de les saisir et d’en disposer. Depuis la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement américain ne s’était jamais accaparé d’un montant aussi substantiel d’avoirs étrangers [11][11] « U.S. Announces It Will Seize Iraqi Assets », The.... Ce décret préconisait également que le gouvernement identifiât, gelât et saisît les avoirs irakiens partout à travers le monde.

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Pourtant, à bien des égards, la bataille financière contre l’Irak était différente des offensives qui avaient suivi les attentats du 11 septembre. D’abord, elle a été très largement éclipsée par les opérations militaires et diplomatiques ; et donc à peu près ignorée des principaux médias [12][12]  Les exceptions sont rares. Voir par exemple <www..... De plus, les éléments de surprise et d’improvisation qui avaient prévalu au lendemain des attentats contre le World Trade Center n’existaient plus. Un important appareil bureaucratique doté d’un arsenal juridique et réglementaire sans précédent – et prêt à en découdre – était désormais bien en place. Mais le plus important est que la question de l’argent faisait partie intégrante de la stratégie du « changement de régime ». Malgré une intense préparation à l’invasion de l’Irak, on ne l’avait pas budgétisée : d’une part, parce qu’on craignait que les opposants à cette guerre ne brandissent l’argument économique ; et d’autre part, parce que cette guerre était censée « s’autofinancer » [13][13]  Lire Ibrahim Warde, « Irak : l’Eldorado perdu », Le....

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Autre argument majeur, l’Irak était potentiellement un pays riche. Le 27 mars, une semaine après le déclenchement de la guerre, quand on évoqua officiellement la question de son coût, le sous-secrétaire d’État à la Défense, Paul Wolfowitz, un de ses principaux artisans, fit cette déclaration devant la Commission du budget de la Chambre des représentants : « Il y a pas mal d’argent pour cela – et pas forcément celui des contribuables américains ; à commencer par les avoirs du peuple irakien. […] En gros, les revenus pétroliers de ce pays pourraient rapporter entre 50 et 100 milliards de dollars au cours des deux ou trois prochaines années. […] Ce pays est bien en mesure de financer sa propre reconstruction et même assez rapidement. [14][14]  Audition devant la Commission du Budget, 27 mars ... »

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Selon Juan Zarate, alors secrétaire adjoint au Trésor chargé du financement du terrorisme et de la criminalité financière, « la chasse aux avoirs irakiens est une mission de longue haleine. Elle exige des enquêtes rigoureuses mêlant interrogatoires, entretiens avec des témoins, analyse de documents, efforts diplomatiques intensifs à travers le monde et un travail de renseignement acharné » [15][15] Ibid.. La localisation de ces fonds devint « la priorité numéro un » du département au Trésor. Selon son secrétaire, John Snow, « le décret autorise le Trésor à réunir les fonds et à les utiliser au bénéfice et pour le bien-être du peuple irakien [16][16] « U.S. Announces It Will Seize Iraqi Assets », op.... ». Le 28 août 2003, le décret exécutif 13 315 plaçait les avoirs de l’État irakien sous contrôle américain. Ce même décret pressait les banques américaines de localiser et geler les actifs appartenant à l’ancien régime irakien, à ses principaux dirigeants et aux membres de leurs familles. Face à une insurrection de plus en plus violente, l’éventualité d’une reconstruction rapide et profitable s’est évanouie mais un nouveau motif (la nécessité de priver les rebelles d’argent) a conféré un autre caractère d’urgence à la guerre financière.

Le front financier

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Non seulement le front financier est le terrain sur lequel la guerre au terrorisme a commencé, mais il pourrait bien être également le plus étendu et le plus durable de cette guerre tout en étant le moins controversé et le plus propice à la désinformation et à la manipulation politiques. Il fut le seul front auquel tous les pays ont été invités à apporter leur contribution. Bien après la chute du régime des Talibans en Afghanistan et la fin officielle de la « phase militaire » de la guerre contre l’Irak – c’est-à-dire, respectivement, le 12 décembre 2001 et le 1er mai 2003 –, le front financier continuait de s’étendre progressivement. À cet égard, le contraste avec le front militaire était frappant. Dans le domaine militaire, l’expansion progressive de la guerre contre le terrorisme – dont la guerre en Irak représente le point culminant – était très impopulaire à l’étranger et entraîna même de nombreuses défections. Pour citer les propos du sénateur John Kerry au cours de la campagne présidentielle de 2004, la « coalition des volontaires » ressemblait davantage à une « coalition des contraints et des vendus » [17][17] David E. Sanger et David M. Halbfinger, « Cheney Warns.... Avec l’expansion du chaos en Irak, la coalition passait de 38 nations et 50 000 soldats mi-2003 à 27 pays et quelque 22 000 soldats fin 2005. En outre, la plupart des pays demeurant dans la coalition annoncèrent la fin de leur participation en 2006 [18][18] Paul Richter, « Poland Adds to Coalition Troop Cuts »,.... Mais sur le front financier, l’évolution fut complètement inverse. Tous les pays membres des Nations unies s’engagèrent officiellement dans la guerre financière et y jouèrent leur rôle en gelant des comptes bancaires, en signant des traités, en mettant sur pied de nouvelles bureaucraties, en remaniant certaines législations et en promettant d’assécher les sources de financement des terroristes [19][19]  Source <www.whitehouse.gov/news/releases/2001/12/.... Aujourd’hui encore, il ne se passe guère de journée sans que l’on n’apprenne qu’un nouveau pays vote ou renforce ses lois contre « le blanchiment d’argent et le financement des terroristes » ou signe un accord bi (ou multi) latéral en ce domaine.

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L’étendue du front financier ainsi que les avantages politiques et bureaucratiques qu’il présente le rendent particulièrement propice aux manipulations et aux amalgames. La volonté de couper les terroristes de leur financement n’est pas contestable en soi. L’ampleur des dégâts causés par les attentats du 11 septembre a pu laisser penser que des sommes importantes y avaient été consacrées. Même quand il fut établi que le coût réel des opérations était plutôt modeste – entre 300 000 et 500 000 dollars [lire infra, chap. XI] –, l’axiome de base n’a jamais été sérieusement remis en cause : l’argent est le nerf de la guerre et l’éventualité d’un terrorisme apocalyptique impliquant l’usage d’armes nucléaires, chimiques ou biologiques justifiait que l’on prenne des mesures extrêmes. L’implication d’Oussama Ben Laden – membre d’une famille saoudienne extrêmement riche – et le fait que quinze des dix-neuf terroristes fussent saoudiens pouvaient suggérer que l’argent avait été un élément central dans ces attentats. Cependant, la question financière est minée par un paradoxe fondamental. Si la problématique de base est compréhensible par le commun des mortels, dès qu’on rentre dans le détail des mécanismes, elle égare et ennuie. En matière financière, allégations et accusations sont difficilement vérifiables. D’ailleurs, elles sont souvent littéralement irréfutables. Contrairement aux armes de destruction massive dont l’inexistence a finalement été démontrée, les considérations sur l’argent sont habituellement exemptées de toute procédure de vérification factuelle. On peut ainsi faire les déclarations les plus fantaisistes sans qu’il soit possible de les prouver ou de les infirmer. Le front financier est également très adapté aux « pseudo-événements  [20][20] Lire Daniel J. Boorstin, The Image : A Guide to Pseudo-Events... » comme le gel des comptes, la mise en place de nouvelles réglementations, les créations d’administrations et autres commissions, les conférences et les réunions, l’annonce de nouvelles mesures politiques et autres formes d’« agitation » qui, pour paraphraser l’ancien secrétaire au Trésor, Paul O’Neill, facilitent la confusion entre l’« action » et le « progrès » [21][21] The Newshour with Jim Lehrer, PBS, 19 septembre 20.... Dans le même ordre d’idée, la gestion « vigoureuse » de la guerre financière suggérait l’efficacité [lire infra, chap. X]. Bien qu’officiellement considérées comme relevant du domaine des « guerriers de la finance » – ces technocrates, membres de bureaucraties tentaculaires, donnent l’impression de savoir ce qu’ils font et leurs décisions ne prêtent pas à discussions ou débats –, les décisions en matière d’argent ne sont généralement pas politiquement innocentes. Un responsable du Trésor américain a admis que les premières décisions et déclarations émanant du Trésor avaient été « prématurées et politisées [22][22] Eric Lichtblau et Josh Meyer, « Crackdown on Terror... ». Au-delà des motivations d’ordre bureaucratique, le front financier exerce un immense attrait sur les politiciens dès lors qu’il s’agit de montrer qu’ils « font quelque chose », ou chaque fois qu’ils souhaitent épater la galerie ou changer de sujet.

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La première opération de la guerre au terrorisme illustre justement ce fait. L’opinion publique était en état de choc ; et l’administration – alors obsédée par l’Irak et qui n’avait pas pris au sérieux la menace Al-Qaida malgré les nombreux avertissements concernant l’imminence d’attentats impliquant le détournement d’avions sur le territoire américain [23][23]  The 9/11 Commission Report : « 11 septembre. Rapport...– souhaitait agir vigoureusement et de manière spectaculaire. Étrangement, il n’existait pas à l’époque de plan d’intervention en Afghanistan. Pas plus d’ailleurs qu’il n’y avait de forces armées américaines cantonnées dans la région. Lors de la réunion du Conseil de sécurité nationale qui se tint à la Maison Blanche au soir du 11 septembre, Donald Rumsfeld déclara qu’il faudrait au moins soixante jours avant que l’armée puisse engager des opérations militaires d’importance dans le pays qui abritait les Talibans [24][24] Bob Woodward, Bush at War, Simon and Schuster, New.... Dès le 17 septembre, l’idée de frappes financières s’est imposée comme un substitut idéal [25][25] Ron Suskind, The One Percent Doctrine, op. cit., p.... Selon le président Bush lui-même, il s’agissait de « quelque chose qui pouvait être fait tout de suite [26][26] Bob Woodward, Bush at War, op. cit., p. 112. » et qui présentait en outre l’avantage de fournir une « feuille de résultat » fort nécessaire puisque des résultats concrets, quoique faux, pourraient être annoncés [27][27] Ibid., p. 49.. Le président ordonna de « saisir quelques avoirs, et vite [28][28] Ron Suskind, The Price of Loyalty : George W. Bush,... ». Plus tard, le conseiller général au Trésor, David Aufhauser, parlerait d’un week-end de recherches effrénées : « C’était presque comique. Nous avons simplement fait la liste du maximum de suspects habituels possibles et dit : “Allons-y, saisissons leurs biens.” [29][29] Ibid., p. 193. » En outre, le président Bush insista pour en faire personnellement l’annonce – dans une déclaration truffée de métaphores guerrières et de symboles politiques – afin de bien faire comprendre qu’il s’agirait d’un « type de guerre totalement différent [30][30] Bob Woodward, Bush at War, op. cit., p. 120. ».

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L’un des aspects à peine commentés de cette première frappe fut qu’elle ne pouvait guère porter atteinte au prétendu trésor d’Al-Qaida, puisque la plupart des comptes inscrits sur la liste avaient déjà été gelés par Bill Clinton trois ans auparavant (à la suite des attentats africains de 1998 contre deux ambassades américaines) ou appartenaient à des organisations qui, soit n’existaient plus, soit fonctionnaient avec des moyens extrêmement réduits [31][31] William F. Wechsler, « Strangling the Hydra : Targeting.... Dans les deux cas, les présidents avaient invoqué l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA) pour geler les actifs d’Oussama Ben Laden, d’Al-Qaida et d’organisations proches d’eux. Comme l’ont fait remarquer d’anciens membres du Conseil de sécurité nationale, Daniel Benjamin et Steven Simon, dans les deux cas, « la décision avait fait du bruit mais sans beaucoup d’effet [32][32] Daniel Benjamin et Steven Simon, The Age of Sacred... ». En 1998 – et plus encore en 2001 –, la logique politique s’était imposée : les frappes financières envoyaient un message de détermination ; elles jouissaient d’un important soutien populaire et n’éveillaient aucune critique ou réflexion après coup. Selon Benjamin et Simon, « tarir le financement du terrorisme semblait très séduisant et pouvait faire croire à l’opinion publique que le monde de la finance internationale est une grande machine dans laquelle le moindre engrenage peut être identifié [33][33] Ibid. ».

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Le fait que ces frappes financières n’eussent quasiment aucun impact sur le financement du terrorisme importait peu. Après tout, qui s’opposerait à des efforts visant à tarir les sources de financement du terrorisme ou à punir ses argentiers, surtout si cela peut éviter de nouveaux attentats ? Ces mesures prêtent aussi peu à critiques que la fouille rigoureuse des passagers dans les aéroports – pratique certes dérangeante mais prix à payer pour assurer la sécurité de tous. Alors même qu’une majorité d’Américains se montre critique vis-à-vis de l’administration, le soutien de la population à cette politique intrusive de contrôles financiers reste fort. Après l’annonce de la mise en place du Terrorist Finance Tracking Program, qui permettait le contrôle de la quasi-totalité des mouvements financiers internationaux, les sondages indiquaient que sept Américains sur dix y étaient favorables, dont une majorité de républicains (83 %), d’indépendants (67 %) et de démocrates (58 %) [34][34] Dana Blanton, « Fox News Poll : Bush Approval Holding »,.... Dès les tous premiers jours de cette guerre au terrorisme, les observateurs et les analystes de toutes tendances politiques s’y montrèrent généralement favorables. Nombre de ceux qui critiquaient les opérations militaires ne voyaient rien à redire à l’offensive financière. Mark Weisbrot, codirecteur du très progressiste Center for Economic and Policy Research, écrivait à ce sujet : « Ces mesures financières seront bien plus importantes et efficaces pour la lutte contre le terrorisme que tout ce qui peut tomber d’un bombardier. Selon les services de renseignements américains, Ben Laden verse plus de 100 millions de dollars par an aux Talibans depuis 1996. C’est une source majeure de revenus pour leur gouvernement et cela lui a aussi probablement assuré de nombreuses protections. [35][35] Mark Weisbrot, « Financial War against Terrorism Off... » Rien ne confirme l’ampleur de ces dons ; mais les observateurs tels que Weisbrot, qui mettaient pourtant sévèrement en cause les motifs affichés des opérations militaires, continuaient à prendre les opérations financières pour argent comptant.

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Avec le temps, nombre d’aspects de l’escalade de la guerre contre le terrorisme (l’extension du conflit à l’Irak, le traitement réservé aux prisonniers de guerre, la torture, les atteintes à la liberté, la vie privée et les droits civiques, etc.) ont été vigoureusement contestés ; mais ce ne fut pas le cas du front financier. Selon The Economist, « frapper l’argent qui finance le terrorisme est apparu, après le 11 septembre, comme un moyen propre et pacifique de prévenir de futurs attentats [36][36] « Follow the Money », The Economist, 30 mai 2002. ».

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La guerre financière a coûté très cher au budget américain et mobilisé de nombreux services gouvernementaux. Elle a également affecté la vie et les activités d’individus et d’organisations partout à travers le monde. Elle a généré des kilomètres d’articles et de gros titres. Mais elle n’a quasiment été soumise à aucune véritable analyse critique. Le discours autour de la finance, du contrôle des transactions et des avoirs financiers semble si technocratique, si étranger aux manœuvres politiques que personne n’a jusqu’ici songé à poser les questions suivantes : s’agit-il d’un outil véritablement efficace contre le terrorisme ? Et si la réponse est non, pourquoi poursuit-on cette politique ? Pourtant la guerre financière a des conséquences politiques, sociales et économiques qui n’ont rien à voir avec le terrorisme mais qui pourraient à long terme mettre en danger la sécurité mondiale.

L’argent comme explication par défaut

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Une des raisons de la focalisation sur l’argent est qu’elle permet l’abandon résolu de toute explication politique ou sociologique du terrorisme. En mettant l’accent sur des notions aussi simplistes que le Bien et le Mal, l’administration Bush se gardait bien de chercher à « comprendre le terrorisme ». Pourtant, l’appareil judiciaire, la police et les services de renseignements devaient au moins expliquer pourquoi le terrorisme explosait à certains endroits et à certains moments. Les questions telles que la politique étrangère américaine, par exemple, ne pouvant pas être soulevées, la finance se glissa subrepticement dans la brèche en tant qu’explication par défaut.

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Un des axes du discours sur l’aspect financier du terrorisme était l’existence d’un « marché » pour les attentats terroristes. Les « experts du terrorisme » sont d’avis que l’on peut parier sur les fluctuations du marché de la terreur avec la même confiance que celle affichée par les analystes des marchés boursiers. À chaque instant, on peut apprendre à peu près combien un terroriste, un kamikaze ou sa famille vont recevoir pour avoir mené une opération terroriste. Début 2004, des responsables israéliens cités par le New York Times affirmaient que chaque attentat rapportait à celui qui l’avait préparé une somme située entre 673 et 1 122 dollar [37][37] James Bennet, « Israelis, in Raid on Arab Banks, Seize.... À peu près à la même époque, on estimait que la récompense pour l’organisation d’une grève en Irak s’élevait à 500 dollars contre 3 000 dollars pour l’assassinat d’un soldat américain [38][38] Eric Schmitt, « US General Says Coalition Is Choking.... Près d’un an plus tard, le tarif pratiqué dans certains quartiers de Bagdad pour la pose de bombes le long des routes était censé se situer entre 100 et 300 dollars par engin explosif [39][39] Schmitt et Shanker, « Rebels : Estimates by U.S. See....

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Bien sûr, l’un des points faibles de la rhétorique du terrorisme intéressé était que la plupart des terroristes commettaient des attentats suicides. Ce fait poussa de nombreux commentateurs à étendre la notion de rationalité économique du terrorisme. Certains allèrent même jusqu’à évoquer les profits post-mortem du martyre  [40][40] Boaz Ganor, The Counter-Terrorism Puzzle : A Guide.... D’autres mettaient l’accent sur les bénéfices financiers que pouvaient en tirer les survivants ; ou ils reprenaient l’explication offerte par Yehudit Barsky, présenté comme un énième « expert en organisations caritatives islamiques » : « Si les terroristes n’étaient pas persuadés que leur famille touchera de l’argent après leur mort, les organisations auraient bien du mal à recruter. Cassez ce système de soutien financier aux familles et vous trouverez peu de jeunes gens désireux de mourir pour le terrorisme et de détruire du même coup leur famille. [41][41] Christopher H. Schmitt et Joshua Kurlantzick, « When... » En Israël, cet argument fut utilisé pour justifier la démolition des habitations des familles de kamikazes. Dans la même veine, le spécialiste israélien du contre-terrorisme, Boaz Ganor, prétendant que les familles des bombes humaines de l’Intifada pouvaient toucher jusqu’à 25 000 dollars, écrivait : « De ce point de vue, un jeune appartenant à une famille nombreuse peut considérer un attentat suicide comme un acte d’altruisme qui profitera à sa famille. [42][42] Boaz Ganor, The Counter-Terrorism Puzzle, op. cit.,... » Pourtant, cet argument économique est discutable à bien des égards. Même si les sommes mentionnées étaient exactes (ce qui est loin d’être le cas), il reste difficile de croire que la compensation financière puisse être la seule, ni même la principale, motivation des kamikazes. D’ailleurs, aucun des travaux empiriques un peu sérieux sur la question n’accorde beaucoup d’importance à l’argent en tant que véritable motivation [43][43] Lire par exemple Robert Pape, Dying to Win : The strategic....

Une approche alternative du financement du terrorisme

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En 2003, au cours de son audition devant la Commission sénatoriale sur le système bancaire (Senate banking commit-tee), l’ex-tsar du contre-terrorisme, Richard Clarke, exprimait sa frustration : « Les questions que nous posions à l’époque [1995] à la CIA n’ont jamais reçu de réponses et nous les avons posées dix années de suite : combien cela coûte-t-il de devenir Al-Qaida ? Quel est leur budget annuel de fonctionnement ? D’où sortent-ils leur argent ? Où le dis-simulent-ils ? Où le déplacent-ils ? Comment ? Ces questions que posait la Maison Blanche au plus haut niveau depuis cinq ou six ans sont restées sans réponses parce que les services de renseignements les jugeaient trop compliquées. [44][44] John Roth, Douglas Greenburg et Serena Wille, Monograph... »

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Manifestement, il ne lui est jamais venu à l’esprit, à lui comme à d’autres responsables, que ces questions n’étaient peut-être pas les bonnes. On continue pourtant à les poser avec insistance. Dans le domaine de la guerre financière on ne tire jamais aucune leçon et on ne corrige jamais le tir [lire infra, chap. XI].

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Contrairement à ce que l’on dit d’ordinaire, l’argent n’est pas l’oxygène du terrorisme. Ce genre d’affirmation suggère que, lorsque les terroristes auront été « privés » de fonds, le terrorisme cessera. Le raisonnement « des guerriers de la finance » est erroné : ce n’est pas parce qu’il y a de l’argent que le terrorisme existe. En revanche, l’argent fait son apparition là où le terrorisme bénéficie d’un certain soutien. La principale question devrait être la suivante : « Pourquoi le terrorisme bénéficie-t-il d’un certain soutien ? » Ce n’est que lorsqu’on aura répondu de manière satisfaisante et que l’on aura identifié la nature de ce réseau de soutien (ses caractéristiques, ses revendications, les motivations de ses membres) que l’on pourra répondre de manière appropriée à la question qui domine la guerre financière : « D’où vient l’argent ? »

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Il est une autre conviction profondément enracinée : au vu de leur capacité de destruction, les actes terroristes doivent coûter très cher. Mais là, encore les faits empiriques ne confirment pas cette conviction. Plus de la moitié des pertes américaines en Irak a été causée par des engins explosifs rudimentaires bien souvent fabriqués à la maison, « composés parfois de plusieurs obus d’artillerie et de TNT iranien ; d’autres fois d’objets ressemblant à des briques, bourrés de poudre à canon et activée à partir d’un téléphone portable ou d’un bip de porte de garage [45][45] John Ward Anderson, Steve Fainaru et Jonathan Finer,... ».

26

Le terrain financier est particulièrement adapté aux expéditions punitives. Les pertes passent en grande partie inaperçues et les conséquences politiques ne se manifestent qu’à long terme. Les frappes disproportionnées trouvent bien souvent leur motivation dans un sentiment d’impuissance et d’humiliation. Mais sur le long terme, de telles actions peuvent avoir un effet boomerang : des mesures de contrôle qui peuvent être bonnes et sensées si l’on en use raisonnablement deviennent contre-productives si on les applique sans discernement et avec une rigueur excessive. Nombre des mesures initiales de contrôle exigées des organisations caritatives islamiques étaient, par exemple, nécessaires et attendues depuis trop longtemps. Pourtant, avec le temps, une accumulation d’enquêtes arbitraires incessantes et de frappes immotivées ont eu l’effet contraire. Elles ont donné l’impression que les organisations caritatives islamiques étaient injustement prises à partie et que la guerre au terrorisme s’était transformée en guerre contre l’islam ; le soutien au radicalisme, y compris le soutien financier, s’est accru – en outre, en vertu du « succès catastrophique » de la guerre financière, il s’est fait encore plus clandestin [lire infra, chap. X].

27

La politique est également cruciale lorsqu’il s’agit d’expliquer comment la guerre au terrorisme s’est mise en place, comment elle a évolué et la manière dont, en conséquence, le terrorisme a pu se transformer. Ce livre observe la manière dont le scénario du financement du terrorisme a été conçu et analyse les outils et les armes de cette guerre. Intéressante illustration du fameux « paradoxe de la puissance américaine » si cher à l’universitaire Joseph Nye, il montre que la force économico-politique peut imposer une politique mais non garantir les résultats [46][46] Joseph S. Nye Jr., Soft Power : The Means to Success.... Cette politique n’a pas ouvert la moindre brèche dans le financement du terrorisme. En revanche, elle a remodelé le système financier planétaire et produit des effets importants mais bien souvent non désirés dans les domaines politique et économique.

28

Assez étonnamment, c’est Donald Rumsfeld qui a soulevé le problème de l’efficacité de cette politique avec le plus de lucidité dans une note confidentielle adressée à quatre de ses plus hauts conseillers militaires et civils le 16 octobre 2003. Ce document, qui fit mystérieusement l’objet d’une fuite quelques jours plus tard dans USA Today, posait deux types de questions. D’abord, il s’interrogeait sur l’efficacité de la guerre au terrorisme : « Nous manquons aujourd’hui de données chiffrées pour déterminer si nous sommes en train de gagner ou de perdre la guerre planétaire contre le terrorisme. Est-ce que nous capturons, tuons, démasquons et décourageons quotidiennement plus de terroristes que n’en recrutent, entraînent et utilisent contre nous les écoles coraniques et le clergé radical ? […] Notre situation actuelle est-elle de telle nature que “plus dur nous travaillons, plus nous sommes à la traîne” ? [47][47] « Rumsfeld’s War-on-Terror Memo », USA Today, 22 octobre... »

29

Il évoquait ensuite la nécessité d’établir une stratégie globale et à long terme : « Les États-Unis doivent-ils mettre sur pied un vaste plan global pour enrayer la prochaine génération de terroristes ? Ils consacrent relativement peu d’énergie à une vision d’ensemble mais ils se dépensent sans compter pour tenter de stopper les terroristes. Le rapport coût-bénéfice est en notre défaveur ! Nous dépensons des milliards contre des terroristes qui ne déboursent que des millions. [48][48]  Ibid. »

30

Cette note constituait un document exceptionnel et extrêmement différent dans le style comme dans le contenu de toutes les déclarations officielles : plus sobre, plus réfléchie et dénuée de la rhétorique d’intimidation ordinairement associée au secrétaire à la Défense. Elle posait des questions très pertinentes sur ce qu’est la victoire et suggérait également assez clairement que la réponse à long terme au problème du terrorisme était avant tout politique. Elle allait même jusqu’à évoquer la « persuasion douce » ordinairement écartée d’un revers de main par les faucons de la Maison Blanche. Une grande part de mon analyse de l’efficacité de la guerre financière reviendra sur les questions soulevées par cette note – qui néanmoins ne semble pas, il faut le dire, avoir beaucoup influencé la politique du Pentagone du moins jusqu’à une période récente…

Notes

[1]

« President Freezes Terrorists’ Assets », Secrétariat de la Présidence, 24 septembre 2001, <www.whitehouse.gov/news/releases/2001/09/20010924-4.html>.

[2]

Judith Miller, « The Money Track : The 27 Whose Assets Will Be Frozen Are Just the First of Many, a U.S. Official Says », New York Times, 25 septembre 2001.

[3]

« President Freezes Terrorists’ Assets », ibid.

[4]

David E. Sanger et Joseph Kahn, « Bush Freezes Assets Linked to Terror Net ; Russians Offer Airspace and Arms Support », New York Times, 25 septembre 2001.

[5]

Déclaration des ministres des Finances du G7, 25 septembre 2001.

[7]

Ron Suskind, The One Percent Doctrine : Deep Inside America’s Pursuit of Its Enemies Since 9/11, Simon and Schuster, New York, 2006, p. 11-13.

[8]

Eric Lichtblau et James Risen, « Bank Data Is Sifted by U.S. in Secret to Block Terror », New York Times, 23 juin 2006.

[9]

John Willman, Michael Mann, et Richard Wolffe, « US Has Frozen $ 6m of Assets Linked to Al-Qaeda », Financial Times, 1er octobre 2001.

[10]

Executive Order 12 722 : Blocking Iraqi Government Property and Prohibiting Transactions with Iraq, 2 août 1990, <archives.gov/federal-register/executive-orders/1990.html>.

[11]

« U.S. Announces It Will Seize Iraqi Assets », The Newshour with Jim Lehrer, PBS, 20 mars 2003.

[12]

Les exceptions sont rares. Voir par exemple <www.foxnews.com/story/0,2933,81729,00.html>.

[13]

Lire Ibrahim Warde, « Irak : l’Eldorado perdu », Le Monde diplomatique, mai 2004.

[14]

Audition devant la Commission du Budget, 27 mars 2003.

[15]

Ibid.

[16]

« U.S. Announces It Will Seize Iraqi Assets », op. cit.

[17]

David E. Sanger et David M. Halbfinger, « Cheney Warns of Terror Risk If Kerry Wins », New York Times, 8 septembre 2004.

[18]

Paul Richter, « Poland Adds to Coalition Troop Cuts », Los Angeles Times, 28 décembre 2005.

[20]

Lire Daniel J. Boorstin, The Image : A Guide to Pseudo-Events in America, Vintage, New York, 1992, p. 11-12.

[21]

The Newshour with Jim Lehrer, PBS, 19 septembre 2001.

[22]

Eric Lichtblau et Josh Meyer, « Crackdown on Terror Funding is Questioned », Los Angeles Times, 7 avril 2002.

[23]

The 9/11 Commission Report : « 11 septembre. Rapport de la Commission d’enquête. Rapport final de la Commission nationale sur les attaques terroristes contre les États-Unis », Commission d’enquête mise en place après le 11 septembre, Équateurs, 2004.

[24]

Bob Woodward, Bush at War, Simon and Schuster, New York, 2002, p. 25.

[25]

Ron Suskind, The One Percent Doctrine, op. cit., p. 141.

[26]

Bob Woodward, Bush at War, op. cit., p. 112.

[27]

Ibid., p. 49.

[28]

Ron Suskind, The Price of Loyalty : George W. Bush, the White House, and the Education of Paul O’Neill, Simon and Schuster, New York, 2004, p. 193.

[29]

Ibid., p. 193.

[30]

Bob Woodward, Bush at War, op. cit., p. 120.

[31]

William F. Wechsler, « Strangling the Hydra : Targeting Al-Qaeda’s Finances », in James F. Hoge Jr. et Gideon Rose (dir.), How Did This Happen ? Terrorism and the New War, Public Affairs, New York, 2001, p. 129.

[32]

Daniel Benjamin et Steven Simon, The Age of Sacred Terror : Radical Islam’s War against America, Random House, New York, 2003, p. 269.

[33]

Ibid.

[34]

Dana Blanton, « Fox News Poll : Bush Approval Holding », Fox News, 29 juin 2006, <www.foxnews.com/story/0,2933,201573,00.html >.

[35]

Mark Weisbrot, « Financial War against Terrorism Off to a Slow Start », 10 octobre 2001, Center for Economic and Policy Research, Washington, DC, <www.cepr.net >.

[36]

« Follow the Money », The Economist, 30 mai 2002.

[37]

James Bennet, « Israelis, in Raid on Arab Banks, Seize Reputed Terrorist Funds », New York Times, 26 février 2004.

[38]

Eric Schmitt, « US General Says Coalition Is Choking Funds to Insurgency », New York Times, 12 décembre 2003.

[39]

Schmitt et Shanker, « Rebels : Estimates by U.S. See more rebels with more funds », New York Times, 22 octobre 2004 ; aussi Richard A. Oppel Jr., « Iraq Accuses Jordan of Allowing Financing of Insurgency », New York Times, 22 août 2005.

[40]

Boaz Ganor, The Counter-Terrorism Puzzle : A Guide for Decision-Makers, Transaction, New Brunswick, 2005, p. 77-78.

[41]

Christopher H. Schmitt et Joshua Kurlantzick, « When charity goes awry : Islamic groups say they may lose control of money they send overseas », U.S. News and World Report, 29 octobre 2001.

[42]

Boaz Ganor, The Counter-Terrorism Puzzle, op. cit., p. 77.

[43]

Lire par exemple Robert Pape, Dying to Win : The strategic logic of suicide terrorism, Random House, New York, 2005 ; Mia Bloom, Dying to Kill : The allure of suicide terror, Columbia University Press, 2005.

[44]

John Roth, Douglas Greenburg et Serena Wille, Monograph on Terrorist Financing, National Commission on Terrorist Attacks Upon the United States, Staff Report to the Commission, 2004, p. 35.

[45]

John Ward Anderson, Steve Fainaru et Jonathan Finer, « Bigger, Stronger Homemade Bombs Now to Blame for Half of U.S. Deaths », Washington Post, 26 octobre 2005.

[46]

Joseph S. Nye Jr., Soft Power : The Means to Success in World Politics, Public Affairs, New York, 2004, p. 1-3 ; et Joseph S. Nye Jr., The Paradox of American Power : Why the World’s Only Superpower Can’t Go It Alone, Oxford University Press, 2002.

[47]

« Rumsfeld’s War-on-Terror Memo », USA Today, 22 octobre 2003.

[48]

Ibid.

Plan de l'article

  1. Le front financier
  2. L’argent comme explication par défaut
  3. Une approche alternative du financement du terrorisme

Pour citer ce chapitre

Warde (D) Ibrahim, Traducteur Cotton Frédéric, « Le brouillard de la guerre financière », Propagande impériale & guerre financière contre le terrorisme, Marseille, Agone, « Contre-feux », 2007, p. 10-31.

URL : http://www.cairn.info/propagande-imperiale-et-guerre-financiere--9782748900743-page-10.htm


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