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S'inscrire Alertes e-mail - Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest Cairn.info respecte votre vie privéeVous consultezAu risque de l’étranger : un sujet majeur de gouvernance à La Rochelle à la fin du Moyen Âge
AuteurMathias Tranchant du même auteur
Maître de conférences d’histoire médiévale université de La Rochelle Centre de Recherche en Histoire Internationale et Atlantique – EA 1163Résumé
Approcher la notion d’étrangeté à partir d’une ville telle que La Rochelle offre un point de vue original. Cela tient d’une part à sa situation frontalière. Cela tient d’autre part à ses singularités sociales et économiques. Composée pour l’essentiel de viticulteurs, d’artisans, de marins, de marchands et de juristes, largement dégagée des ingérences et influences ecclésiastiques ou seigneuriales, La Rochelle concentrait des activités entièrement dévolues aux échanges. Ici, point d’ordonnancement rigide et figé des populations : cela était contraire aux règles élémentaires du commerce, aux intérêts de la filière viticole et au dynamisme de l’économie maritime. En conséquence, la commune acceptait en conscience d’être exposée sans relâche aux menaces dont pouvaient être suspectés les étrangers. Elle était bien-sûr tenue de protéger la ville, ses bourgeois et leurs intérêts des attaques, des déprédations ou des implantations perpétrées par des puissances étrangères. Mais il lui fallait en même temps, pour améliorer sa compétitivité face à la concurrence des places commerciales voisines, protéger les forains, leur garantir des conditions d’accès, de commerce et de résidence toujours plus avantageuses. Ce fut tout l’enjeu de la gouvernance municipale à l’endroit des étrangers.
Approaching the concept of foreignness from a city like La Rochelle offers an original point of view. This is partly due to its border situation. This is partly due to its social and economic singularities. Composed essentially of vine growers, artisans or seamen, merchants and lawyers, largely free from interferences and influences ecclesiastical or stately, La Rochelle concentrated activities fully devoted to trade. Here, no fixed and rigid ordering of people : this was contrary to the basic rules of trade, the interests of the wine industry and the dynamism of the maritime economy. Consequently, the municipality agreed in conscience to be exposed tirelessly to threats of which foreigners could be suspected. It was of course bound to protect the city, its citizens and their interests against attacks, depredations or settlements perpetrated by foreign powers. But, at the same time, in order to improve its competitiveness with neighbouring commercial centres, it must protect the foreigners and guarantee them ever more advantageous conditions of access, trade and residence. This was the issue of the municipal ruling as regarded foreigners.
PLAN DE L'ARTICLE
- Une réglementation plus favorable à la venue d’étrangers
- Les organisations communautaires de forains dans la ville
- La gouvernance rochelaise des étrangers : une forme de gestion des risques




