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| La famille invisible. Illégitimité des naissances et construction des liens familiaux en Martinique (XVIIe siècle - début du XIXe siècle) par Vincent Cousseau |
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S'inscrire Alertes e-mail - Annales de démographie historique Cairn.info respecte votre vie privéeVous consultezLa famille invisible. Illégitimité des naissances et construction des liens familiaux en Martinique (XVIIe siècle - début du XIXe siècle)
AuteurVincent Cousseau du même auteur
Département d’histoire, Université de Limoges, 39E rue C.Guérin, 87036 Limoges vincent.cousseau@unilim.frRésumé
Dans les sociétés coloniales fragmentées des Antilles de la période esclavagiste, les obstacles à la constitution de familles stables sont nombreux. Les différences de statut, le manque de fluidité du marché matrimonial, et la redéfinition profonde des rapports de genre sont autant de phénomènes articulés qui remettent en cause le mariage comme élément unique d’organisation de la famille et de structuration des relations de parenté. Si le modèle conjugal reconnu par les autorités reste la norme obligée pour les femmes blanches créoles, il n’en est pas de même pour leurs maris et pour les populations de couleur libre ou esclave. Aussi, l’essor du concubinage et des relations adultérines, dénoncé en particulier par les autorités religieuses, se concrétise par une illégitimité des naissances élevée et en croissance continue. Les liens familiaux se construisent ainsi en partie en dehors du contrôle institutionnel, ce qui leur confère une invisibilité dans les sources, mais aussi une souplesse certaine, particulièrement chez les esclaves.
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SummaryIn the fragmented colonial society of the West Indies during the slavery period, building up a stable family required to get over many obstacles. The status differences, the lack of fluidity in the marriage market and the deep redefinition of the gender relations are interrelated phenomenon which question both the marriage as being the unique pattern of family organization and the structuration of family ties. If the official conjugal model remains the norm for white Creole women, it is not true neither for their husband nor for free coloured people and slaves. Therefore, the expansion of adultery and people living as husband and wife, which were denounced particularly by the religious authorities, lead to a high rate and continuous growth of illegitimate births. As a consequence, family ties gradually develop with no institutional control, hence no traces of them in the different sources but it also gives them an obvious flexibility, especially for the slaves.
PLAN DE L'ARTICLE
- Les colons et la constitution des familles
- Adaptation des normes conjugales et mesure de l’illégitimité des naissances
- Le recours à l’abandon
- Les blocages du marché matrimonial
- Des enfants libres de couleur dans l’ambiguïté familiale
- Des mariages mixtes réprouvés, un concubinage omniprésent
- L’essor d’une illégitimité de masse
- Les autorités civiles et religieuses face à la question des enfants illégitimes issus de pères blancs
- Les hommes blancs et leurs enfants de couleur : des pères absents ou cachés ?
- Esclaves et famille
- Un mariage difficile
- Une famille fragilisée et informelle
- Famille servile et illégitimité
- Conclusion



