DOI : 10.3917/ado.076.0339.
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AuteurJacques Laget du même auteur
SUPEAConsultation du Bugnon
Bugnon 23A
1005 Lausanne, Suisse
Résumé
Au cours d’une séance de psychothérapie, Benoît, quinze ans, demande s’il peut faire une peinture de son sang – peinture qu’il réalise ensuite chez lui et décrit à la séance suivante : les yeux d’Horus, qu’il a trouvé sur Internet. Il présente une dépression sévère et des projets de suicide, il se scarifie, la fragilité narcissique est massive et la problématique identitaire au premier plan. Benoît revendique sa dépression, dit sa fascination pour ses cicatrices et ses scarifications, il assimile son besoin de voir couler son sang à une dépendance à une drogue. Il veut se couper, il en a besoin, il se sent exister. Les liens du sang, devenus sanglants ici, l’unissent étroitement à sa sœur jumelle. Il dit qu’il ne souffre pas quand il se coupe, Il subit dans l’adversité, il s’éprouve et paradoxalement s’endurcit... La douleur le renforce et par là même renforce les limites du Moi et le Moi. Il traite ainsi sa trop grande sensibilité, trait rapporté de son enfance, signe pour lui de faiblesse et de passivité... qu’on oppose à la violence, la puissance et la force qu’il ressent dans ses comportements auto-agressifs.
Regards : le sien sur son sang et sa peinture... La place du regard, des regards, les yeux d’Horus, regard intérieur de Benoît sur son sang qui coule, ses cicatrices, cherchant à s’approprier un corps et un psychisme qui changent et le menacent. Regard de ses parents qui souffrent, il le sait, sidérés, ils paniquent au début, mais leurs regards évoluent. Regard du thérapeute sur sa peinture, sa création « adolescente », et reprise du mythe dans la thérapie. Le thérapeute, la psychothérapie des attaques du corps rétablissent du visuel, en répondant à la sollicitation du regard, dans le cadre d’un échange associant création et représentation, ouverture au sens.
Mots clés
Dépression, Automutilation, Psychothérapie
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Cuts, painting with the blood, glance of the therapistDuring a session of psychotherapy, Benoît, 15 year-old, asks if he can make a painting of his blood – painting which he realizes then, at home, and describes in the following session : the eyes of Horus, which he found on internet. He presents a severe depression and projects of suicide, he cuts himself, the narcissistic fragility is massive and the identical problem in the foreground. Benoît claims his depression, says his fascination for its scars, he assimilates his need to see pouring his blood as a dependence with a drug. He wants to cut himself, he needs it, he feels existing. The blood relationships unite him strictly to her twin sister. He says that he does not suffer when he cuts himself, He undergoes in adversity, he feels and paradoxically hardens... The pain strengthens him and there even strengthens the limits of the ego. He so treats his excess big sensibility, signs for him of weakness and passivity which we set against the violence, the power and the strength which he feels in his auto-aggressive behavior.
Glances : his on his blood and painting. The place of the glance, the glances, the eyes of Horus, internal glance of Benoît on his blood which pours, his scars, trying to appropriate a body and a psyche which change and threaten it. Glance of his parents who suffer, he knows that, bewildered, they panic at the beginning, but their glances evolve. Glance of the therapist on his painting, as « adolescent » creation, and resumption of the myth in the therapy. The therapist, the psychotherapy of the attacks of the body, restore a relationship associating creation and representation, opening in the sense.
Keywords
Depression, Deliberate self-harm, Psychotherapy
ResumenDurante una sesión de psicoterapia, Benoît de quince anos de edad pregunta si puede hacer una pintura con su sangre ; pintura que el realiza en seguida en su casa y que describe a la siguiente sesión : los ojos de Horus, que el ha encontrado en Internet. El presenta una severa depresión y proyectos suicidarios, el se escarifica y presenta una fragilidad narcísica masiva y la problemática de alteración de identidad esta en el primer plano. Benoît asume su depresión y comenta su fascinación por sus cicatrices y sus escarificaciones, el asimila su necesidad de ver correr su sangre a una dependencia a una droga. El quiere cortarse y tiene necesidad de hacerlo pues de este modo el se siente existir.
Los vínculos de sangre que se han vuelto ensangrentados, aquí, lo une estrechamente a su hermana gemela. El dice que el no sufre cuando se corta, el se vive en la adversidad y se siente y paradójicamente se endurece... El dolor lo fortalece y así mismo refuerza los límites del ego y su yo. El trata de esta manera su gran sensibilidad un rasgo que lo sigue desde su infancia. Para el es el signo de su fragilidad y su pasividad... que se opone a la violencia, el poder y la fuerza que el siente en sus comportamientos auto agresivos.
Miradas : la suya sobre su sangre y su pintura... El lugar que ocupa la mirada, las miradas, los ojos de Horus, la mirada interior de Benoit sobre su sangre que corre, sus cicatrices ; buscando así apropiarse de un cuerpo y un psiquismo que cambian y lo amenazan. La mirada de sus padres que sufren ; el los sabe en la sideración. Ellos están llenos de pánico al comienzo pero su mirada evoluciona. La mirada del terapeuta sobre la pintura, su creación « adolescente », y el valor del mito en la terapia. El terapeuta, la psicoterapia de los ataques del cuerpo restablecen lo visual, respondiendo a la solicitación de la mirada, en el marco de un intercambio que asocia creación y representación y apertura de sentido.
Palabras claves
Depresión, Auto mutilación, Psicoterapia



