Carrefours de l'éducation 2002/2
Carrefours de l'éducation
2002/2 (n° 14)
200 pages
Editeur
Revue précédemment éditée par l'Université de Picardie

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Vous consultezDifférences culturelles, confrontations identitaires et universalisme : questions autour de l’éducation interculturelle

AuteurFrançoise Lorcerie du même auteur

chargée de recherches au CNRS, IREMAM, Aix-en-Provence.

Résumé

L’éducation inter-culturelle a été introduite dans les années 1970, pour relever le défide la pluralité croissante de la population scolaire et de la société. Dans les premiers temps, elle couvrit des paradoxes redoutables. La réflexion ultérieure a permis de les identifier et de préciser des orientations éducatives fortes: l’éducation interculturelle doit viser à enrichir les savoirs, à développer les capacités relationnelles, à affirmer les valeurs démocratiques. L’article examine deux grandes questions théoriques auxquelles répond cet enrichissement souhaitable du programme de l’éducation scolaire. Tout d’abord, en quoi consiste la pluralité supposément culturelle de la société française? En réalité, sous couvert de culture, il s’agit surtout d’identités; et sous couvert de pluralité, il s’agit d’imputations ou de revendications d’altérité en relation avec l’origine supposée, c’est-à-dire d’ethnicité. L’approche pédagogique de la pluralité « culturelle » devrait donner aux élèves les moyens de repérer les processus identitaires, spécialement les processus ethniques. Deuxième question, comment penser l’universalisme démocratique dans un environnement ethnicisé? Cela implique de réexaminer la notion de « culture commune » de la société. Au plan normatif, ce qui fait le ciment de cette société, c’est principalement le droit et la solidarité qu’elle construit entre tous ses membres, indépendamment de leurs affiliations et des valeurs culturelles dont ils se réclament. Là est idéalement sa « culture commune »: les mœurs majoritaires n’en font partie que sous réserve d’examen.





Cultural differences, confrontations of identity and universalism: questions concerning intercultural education
Intercultural education was introduced in the 1970's to take up the challenge of the growing plurality of the school population and of society. At first it covered formidable paradoxes. Later reflection made it possible to identify them and to define strong educational directions: intercultural education must aim to enrich knowledge, to develop relational abilities and to assert democratic values. The article examines two major theoretical questions to which this desirable enrichment of the school curriculum is an answer. First of all, what is the nature of the supposedly cultural plurality of French society? In reality, under the pretence of culture, it is mainly a question of identities; and under the pretence of plurality, it is a question of accusations or demands of otherness in relation with the supposed origin, i.e. ethnicity. The pedagogical approach to “cultural” plurality should give pupils the means to pinpoint the identitary processes and especially the ethnic processes. The second question is that of how to conceive of democratic universalism in an ethnicised environment. This implies re-examining the notion of the “common culture” of society. On a normative level, what binds society together is mainly the law and the solidarity that is built up between its members, independently of their affiliations and the cultural values they claim to follow. That is ideally where “common culture” lies: the customs of the majority are only part of this if they stand up to examination.


Kulturelle Differenzen, aufeinander prallende Identitäten und Universalismus: Fragen zur interkulturellen Erziehung
Die interkulturelle Erziehung wurde in den 70er Jahren eingeführt, um der wachsenden Pluralität in Schule und Gesellschaft zu begegnen. Anfangs beinhaltete sie fürchterliche Widersprüche. Erst im anschließenden Reflexionsprozess konnten sie identifiziert und klare erzieherische Eckpunkte gesetzt werden: Die interkulturelle Unterricht muss darauf abzielen, das Wissen zu erweitern, die Kontaktfähigkeiten auszubauen und die demokratischen Werte zu behaupten. Der Artikel untersucht zwei umfassende theoretische Fragestellungen, auf die diese wünschenswerte Bereicherung des schulischen Lehrprogramms reagiert. Die erste Frage lautet, worin die so genannte kulturelle Pluralität der französischen Gesellschaft besteht. In Wirklichkeit verbergen sich hinter dem Begriff der Kultur vor allem Identitäten, und bei dem Begriff der Pluralität geht es um Ethnizität, d.h. Alteritätsunterstellungen bzw. – forderungen, die mit einer angenommenen Abstammung zu tun haben. Der pädagogische Ansatz “kultureller” Pluralität sollte folglich den Schülern die Möglichkeit geben, die Identitätsprozesse, insbesondere die ethnischen Prozessbildungen zu erkennen. Die zweite Fragestellung befasst sich damit, wie man sich in einem ethnisierten Umfeld den demokratischen Universalismus vorstellen muss. Das setzt wiederum voraus, dass der Begriff der “gemeinsamen Kultur” in einer Gesellschaft kritisch hinterfragt wird. Unter normativen Gesichtspunkten bildet hauptsächlich das Recht und die Solidarität zwischen den Mitgliedern einer Gesellschaft unabhängig von ihrer Herkunft und den kulturellen Werten, für die sie eintreten, das gesellschaftliche Bindegewebe. Darin besteht idealiter ihre “gemeinsame Kultur” : Sitten und Gebräuche der Mehrheit gehören nur unter Vorbehalt dazu.

PLAN DE L'ARTICLE

  • Signification de « éducation interculturelle »
    • À quelles questions théoriques répond cet enrichissement de l’éducation ?
  • La France est-elle multiculturelle ?
    • La catégorisation ethnique et la saillance de l’ethnicité
  • L’universalisme démocratique au défi des sciences sociales
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