DOI : 10.3917/cm.084.0125.
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AuteurClaire Gillie du même auteur
Claire Gillie, psychanalyste, docteur en anthropologie psychanalytique, professeur agrégé de musicologie, 33 rue du Faubourg-Montmartre, F-75009 Paris claire.gillie@wanadoo.frRésumé
Si l’histoire a pu nous confronter, au cours des siècles, aux veto portés sur les voix des femmes au sein des institutions culturelles, la psychanalyse, elle, permet de questionner l’interdit lové au cœur même des voix de femme, et qui la pousserait à le transgresser. La percée lyrique vers l’aigu masquerait le travail de ravinement creusé par le grave dans la tessiture vocale des femmes. Y aurait-il un « diabolus in voce », qui aurait pris le féminin (le « continent noir » freudien) en otage, le condamnant à la réclusion vocale à perpétuité ?
Mots clés
aphonie, dysphonies, « perdre sa voix », pulsion invocante, psychanalyse
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SummaryIf over the centuries, history has confronted us with vetos brought upon women’s voices in cultural institutions, psychoanalysis permits us to question the forbidden coiled in the heart of women’s voices, which pushes them to trangress it. The lyrical breakthrough towards the high notes masks the root work of the basses in a female’s vocal range. Could there exist a “diabolus in voce” which has taken women into hostage, condemning her to perpetual vocal reclusion ?
Keywords
aphonie, dysphonies, “to lose one’s voice”, invocant drive, psychoanalyse
PLAN DE L'ARTICLE
- Une voix venue des limbes
- Diabolus in voce
- « L’aggravation » des voix de femme ?
- Le ravinement creusé par le grave
- Schismes et transgressions vocales
- Le chant sombre du continent noir
- La voix grave féminine, un phénomène social
- Une « mue sociale » vers le grave des voix de femme
- Une jouissance illicite du grave chez les femmes
- Une voix entre berceuse et voix caverneuse de la mère chamelle
- Voix pulsionnelle ; voix perdue
- La voix blanche du continent noir
- Conclusion, ou plutôt commencement



