Le Courrier des pays de l'Est 2005/4
Le Courrier des pays de l'Est
2005/4 (n° 1050)
296 pages
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Macédoine 2004-2005

Vous consultezDe vives tensions politiques et sociales

AuteursNadège Ragaru du même auteur

Chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), Paris

Assen Slim du même auteur

Maître de conférences à l’Inalco, Roses (Paris I), Credo (ESSCA), Cemi (EHESS). Manuscrit clos en juillet 2005

Résumé

Les différents événements intervenus en Macédoine en 2004-2005, qui furent autant de tests décisifs pour la viabilité des accords d’Ohrid, révèlent combien la situation de cette ancienne République de Yougoslavie (dont l’intitulé officiel de «Macédoine» a été reconnu par l’administration américaine le 4 novembre 2004 au grand dam de la Grèce) demeure fragile. Signés en 2001, ces accords ont pour objectif de rééquilibrer les places et prérogatives respectives des différentes communautés en présence, essentiellement la majorité slave et la minorité albanaise. Qu’il s’agisse du nouveau découpage municipal, enjeu d’un référendum, le 7 novembre 2004, finalement boycotté par la majorité des électeurs, ou de la mise en œuvre de la décentralisation ou encore des élections locales dont le déroulement, en mars-avril 2005 a été entaché de nombreuses irrégularités, la cohabitation entre ces deux grandes composantes de la population reste d’autant plus délicate que la situation économique et sociale ne s’améliore guère en dépit de ce que les principaux indicateurs peuvent laisser entendre. Quant à la perspective de l’intégration euro-atlantique, concrétisée certes par la remise à la Commission européenne du questionnaire préludant à l’octroi du statut de pays candidat, mais assombrie par les rejets néerlandais et français du traité de constitution européenne, elle ne peut répondre pour l’heure aux déséquilibres structurels de l’économie, qu’illustrent notamment un déficit commercial et un taux de chômage inquiétants. Face à une opposition divisée, la coalition au pouvoir depuis septembre 2002 (Alliance social-démocrate, principale force politique, et Union pour l’intégration démocratique, albanaise) n’en continue pas moins de tenir la situation bien en main au prix, certes, de la démission du Premier ministre intervenue en novembre 2004, le ministre de la Défense, Vlado Buckovski ayant alors remplacé Hari Kostov.





Macedonia Sharp Political and Social Tensions
Different events which took place in Macedonia in 2004-2005, in many ways decisive tests for the viability of the Ohrid agreements, reveal the extent to which the situation in this previous Yugoslav republic (its official name, «Macedonia» which was recognized by the American administration on November 4,2004, much to the chagrin of Greece) remains delicate. Signed in 2001, these agreements were intended to readjust the respective positions and prerogatives of the different communities present, essentially the Slavic majority and the Albanian minority. Whether this be new city divisions, the subject of the November 7,2004 referendum which was ultimately boycotted by the majority of electors, implementation of decentralization, or local elections which, in March-April 2005 were marked by numerous irregularities, cohabitation between the two large components of the population remains delicate, the more so as the economic and social situation is hardly improving despite what the main indicators would lead to believe. As concerns possible Euro-Atlantic integration, following the sub-mission of the questionnaire for the granting of candidate status to the European Community, on which the Dutch and French rejection of the European Constitutional Treaty cast a shadow, she cannot presently remedy structural imbalances in the economy, which, in particular, shows a disquieting trade deficit and unemployment rate. Confronting a divided opposition, the coalition in power since September 2002 (the Social-Democratic Alliance, the main political force, and the Democratic Union for Integration, Albanian), is still keeping the situation under control, of course at the price of the resignation of prime minister, Hari Kostov, in November 2004, who was replaced by the defence minister, Vlado Buckovski.

PLAN DE L'ARTICLE

  • Vers le rééquilibrage intercommunautaire ?
    • La décentralisation en débat
    • Les élections municipales de mars 2005 : un scrutin à mi-mandat
    • Une méfiance intercommunautaire persistante
  • Une économie fragile
    • Cure d’austérité dans l’espoir d’un nouvel accord avec le FMI
    • Déficit commercial record
    • L’avènement du téléphone portable
  • Remous sur le front social
  • Annexe
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