Azerbaïdjan 2006
Croissance hors norme et consolidation du pouvoir
Raphaëlle Mathey
Le boom économique époustouflant redevable à une production
pétrolière et gazière record
(+ 47 % et + 20 %) qui, en 2006,
a participé pour 90 % aux exportations, fait de la croissance de
l’Azerbaïdjan l’une des plus élevées au monde : soit près de
30 % par rapport à 2005, ce chiffre
impressionnant s’assortit cependant d’un taux d’inflation de 7 %
à 10 % selon les sources, pointé
du doigt par le FMI. Les nombreux investissements dans les
infrastructures portuaires, routières
et ferroviaires doivent concourir
à une diversification bienvenue
de la production industrielle qui,
d’ores et déjà, attire des investisseurs de tous les horizons.
L’acheminement du pétrole vers
les marchés européens n’en
demeure pas moins la priorité
avec, notamment, en collaboration avec le Kazakhstan, la mise
en service en 2006 de l’oléoduc
Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC).
Même si la part des Azerbaïdjanais vivant en deçà du seuil de
pauvreté a diminué, les dividendes
de la manne pétrolière demeurent
accaparés par une classe dirigeante régentée d’une main de
fer par le président Aliev.
Atteintes croissantes aux libertés
et musellement des médias n’ont
pas empêché Washington de
recevoir celui-ci en mai 2006,
symbole d’une coopération
accrue au grand dam de l’Iran,
autre partenaire attitré, mais
aussi de Moscou avec qui les
liens se sont également resserrés,
notamment sur les plans militaire et commercial, tout comme
aussi avec l’Union européenne
avec laquelle un Plan d’action a
été signé en novembre 2006.
Mais l’activisme diplomatique
de partenaires surtout intéressés
par la situation géostratégique et
le pétrole du pays, pas plus que
l’OSCE et les Nations unies,
n’ont rien su faire pour désamorcer
le contentieux sur le Haut-Karabakh, les relations avec
l’Arménie demeurant des plus
exécrables.
The exceptional economic boom
due to record oil and gas output
(+ 47 % and + 20 %) which, in
2006, accounted for 90 % of
exports gives Azerbaijan one of
the world’s highest growth rates.
Close to 30 % in 2006, this
impressive growth is accompanied by a 7 % to 10 % inflation
rate according to sources, which
has attracted IMF criticism.
Numerous investments in port,
road and railway infrastructures
are contributing to a welcome
diversification of industrial output which is now attracting all
types of investors. Oil shipments
to European markets remain a
priority, in particular, with the
opening of the Baku-Tbilisi-Ceyhan (BTC) pipeline in 2006
in collaboration with Kazakhstan.
While the number of Azerbaijanis living beneath the poverty
line has decreased, oil revenues
remain in the hands of the leadership which President Aliev
controls with an iron fist.
Increasing attacks on liberties
and media censorship did not
prevent his May 2006 visit to
Washington, a symbol of increased
cooperation to the great concern
of Iran, another recognized partner,
nor a strengthening of, in particular military and trade, relations with Moscow, as well as
with the European Union with
the signing of an Action Plan in
November 2006. However, neither
diplomacy on the part of its partners, above all interested in the
geostrategic situation and the
country’s oil, nor the OSCE and
the United Nations were able to
diffuse the conflict over Upper
Karabagh, and relations with
Armenia remain execrable.
• Une économie dominée
par les hydrocarbures
— ● Des performances
macroéconomiques
impressionnantes
— ● Combattre les méfaits
du tout pétrole
— ● Des investissements
nombreux et diversifiés
— ● Le désenclavement
des réserves d’hydrocarbures
de la mer Caspienne
— ● Un contrôle
de plus en plus pesant
— ● Lente amélioration
de la situation sociale
• Consolidation du régime
— ● Des atteintes aux libertés
toujours aussi nombreuses
• Une diplomatie
en quête d’équilibre
— ● Saisir la main tendue
de Washington...
— ●... tout en ménageant
ses voisins iranien et russe
— ● De réelles avancées
dans le dialogue avec l’Union
européenne
— ● Stagnation des négociations
sur le conflit du Haut-Karabakh
• Sélection bibliographique