DOI : 10.3917/crii.017.0081.
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S'inscrire Alertes e-mail - Critique internationale Cairn.info respecte votre vie privéeVous consultezLa couleur du dollar.
Enquête à La HavaneAuteursJaime Marques-Pereira du même auteur
Jprofesseur de science économique à l’université Pierre Mendès-France de Grenoble. jmarques@club-internet.frBruno Théret du même auteur
économiste, directeur de recherche au CNRS, Institut de recherche interdisciplinaire en socio-économie (Université de Paris-Dauphine), auteur deRésumé
Dans un pays, Cuba, dont les dirigeants politiques fondent une large part de leur légitimité sur un discours de souveraineté nationale dirigé principalement contre les États-Unis, le dollar circule pourtant librement et officiellement. Les autorités en ont décidé ainsi peu de temps après le début de la dramatique crise économique dans laquelle l'île s'est trouvée plongée en conséquence de la chute de l'URSS. Mais elles sont parvenues à contrôler le processus grâce à un dispositif monétaire complexe et inventif, comportant trois monnaies : le peso, le peso convertible et le dollar, à la fois protégées les unes des autres mais en communication permanente. De fait, la circulation du dollar n'a entamé que de façon limitée les grands choix sociaux égalitaires du régime. Le succès, relatif mais indéniable, de cette réaction à la crise n'en atteint pas moins aujourd'hui, de l'avis général, ses limites. Les économistes cubains restent partagés sur les dispositions à prendre pour le consolider et l'amplifier.
PLAN DE L'ARTICLE
- Comment Cuba en est-elle arrivée à se dollariser ?
- La dollarisation à la cubaine : création d’un double régime monétaire et d’un double régime de change
- La dollarisation en pratique : impact économique et social
- Conclusion : le dollar accommodé à la sauce cubaine ?



