Diogène 2011/1-2
Diogène
2011/1-2 (n° 233-234)
280 pages
Editeur
I.S.B.N. 9782130587071
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L'assujettissement artistique de la philosophie
par Carole Talon-Hugon
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L'esthétique aujourd'hui

Vous consultezL’assujettissement artistique de la philosophie

AuteurCarole Talon-Hugon du même auteur

Professeur de philosophie à l’Université de Nice Sophia Antipolis et directrice du Centre de Recherche en Histoire des Idées. Ses champs de recherches sont d’une part l’esthétique, d’autre part la question de l’affectivité. Outre de nombreux articles dans ces deux domaines, elle a récemment publié Descartes ou les passions rêvées par la raison. Essai sur les théories des passions de Descartes et de quelques-uns de ses contemporains (Paris 2002), ainsi que Les Passions (Paris 2004) et, sur l’esthétique : L’Esthétique (Paris 2004), Avignon 2005 : le conflit des héritages (Arles 2006). Ces deux directions de recherches se croisent dans Goût et dégoût. L’art peut-il tout montrer ? (Paris 2003). Elle vient de publier Morales de l’art (Paris 2009) et travaille actuellement sur les rapports entre éthique et esthétique. Adresse électronique :
(Université Nice Sophia Antipolis.)
carole.talonhugon@wanadoo.fr

Résumé

Après le formalisme et l’autotélisme moderniste, un bon nombre de discours sur des œuvres contemporaines assignent aujourd’hui à l’art une fonction critique : on dit que les œuvres « interrogent », « questionnent », « remettent en cause », « invitent à réfléchir » le monde, etc. Or, ce sont là des formules qui renvoient à la fondation socratique de la philosophie, Socrate étant celui qui, par l’aiguillon de ses questions, fait apparaître la fragilité de l’opinion, découvre les préjugés, défait les croyances ordinaires et les convictions non fondées en raison. Ainsi donc, après la mainmise de la philosophie sur l’art dans les grands systèmes philosophiques du XIXe siècle, nous assistons aujourd’hui à une mainmise de l’art sur ce qui constitue l’exigence de la philosophie : le questionnement critique. Il s’agira ici à la fois de comprendre la genèse historique de cette nouvelle attitude théorique, et d’évaluer sa pertinence en examinant si, et à quelles conditions, l’art peut faire sien un tel programme.


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