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Revue d’histoire du XIXe siècle

2002/1 (n° 24)



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Résumé

Français

Césarine, de Jean Richepin, paru en 1888, est un roman surprenant. L’intrigue, assez banale (une histoire d’amour contrariée par la figure du père), se déroule pendant la Commune de Paris. Or le lecteur est frappé par la place mineure qu’occupe, dans le roman, l’événement historique. Les communards sont présentés comme des combattants irresponsables, sans projet politique, comme dans les nombreux romans anti-communards de l’époque. Jean Richepin était pourtant une figure connue de la bohème parisienne, de tendance républicaine, et même proche, à ses débuts, des quelques personnalités anarchistes, comme le montre son admiration (ambiguë) pour Jules Vallès. Nous tentons ici de relire ce roman à la lumière des enjeux politiques de la Troisième République et des choix idéologiques de son auteur. La lecture que ne proposons met à jour les contradictions de Richepin, en révélant une signification cachée (c'est-à-dire non immédiatement apparente) de la Commune. Si le narrateur du roman n’est pas à même de comprendre le sens de l’événement, une lecture allégorique fait ressortir une interprétation politique de l’insurrection de 1871 (une filiation entre la République et la Commune). Resurgit alors l’Histoire que l’intrigue avait tenté d’évacuer.

Mots-clés (fr)

  • histoire politique
  • histoire culturelle
  • Richepin Jean
  • roman
  • littérature

English

Césarine by Jean Richepin, or the impossible neutrality. Césarine, by Jean Richepin, which appeared in 1888, is a surprising novel. The plot, quite banal in itself, (a story of love thwarted by the personality of the father), takes place during the Paris Commune. Now the reader is struck by the insignificant role that the historical events play in the novel. The communards are presented as irresponsible fighters, with no political plan, as is the case in numerous anti-communard novels of the period. Jean Richepin was, however, a well-known figure in the bohemian life of Paris, of republican leanings, and even close, at the outset, to some anarchist personalities, as is shown by his (equivocal) admiration for Jules Vallès. Here we try to reconsider this novel in the light of the political stakes of the Third Republic and the political leanings of its author. The analysis which is put forward here unearths the contradictions of Richepin, in unveiling a hidden meaning of the Commune. If the narrator of the novel is not in a position to understand the sense of the events, an allegorical reading brings out a political interpretation of the 1871 Insurrection - a relation between the Republic and the Commune). Thus, History, that the plot had tried to shrug off, reappears.

Plan de l'article

  1. Une idylle amoureuse en plein Paris insurgé
  2. Richepin, romancier anti-communard ?
  3. « Jamais de ma vie je ne mettrai les doigts dans cette pâte » (Richepin)
  4. L’inconnue de l’équation (amour et révolution)
  5. Un narrateur impuissant
  6. « Il faut prendre parti » (Vallès)
  7. Le peuple de 1871 sur la scène littéraire : effraction et modification
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