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Revue d’histoire du XIXe siècle

2002/1 (n° 24)



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Résumé

Français

La désignation du roman d’aventures, en tant que genre, date du milieu du XIXe siècle. Dans la foulée de Gabriel Ferry, de Gustave Aimard et du capitaine Mayne-Reid, Jules Verne et ses épigones imposèrent, à partir des années 1860, ce genre littéraire nouveau, que l’on destinait d’abord aux jeunes garçons, chez qui on supposait, dans une logique romantique, l’invincible désir de vivre des aventures. Toutefois, il ne s’agissait pas d’exalter ce désir mais, au contraire, de l’utiliser pour inculquer au jeune lecteur tout à la fois des connaissances positives et une morale virile. Dans toute cette littérature, la figure de l’aventurier était méprisée, au profit de celle du héros, guidé par une idée qui le dépasse et dont l’horizon est défini par le sacrifice. Ce n’est qu’au tournant des XIXe et XXe siècles, dans les années 1890-1920, qu’apparut le thème de l’aventure pour l’aventure. Lié à la poésie romantique du voyage pour le voyage, émergent autour de la figure du chercheur d’or, voire de celle du reporter, progressivement glorifiées dans la deuxième moitié du XIXe siècle, ce discours inédit fit de “l’Aventure”, désormais coiffée d’une majuscule, le moyen de l’accomplissement de soi, de la saisie de son propre destin et du dévoilement du sens caché du monde. Alors seulement l’ancienne éthique héroïque s’effaça, au profit de la gloire nouvelle d’un aventurier dorénavant défini exclusivement par la quête de l’aventure pour elle-même.

Mots-clés (fr)

  • littérature
  • voyage
  • histoire culturelle
  • représentations
  • roman

English

The Golden age of adventure (1890-1920). The characterisation of adventure novel as a literary genre goes back to the middle of the nineteenth century. From the 1860s onwards, on the heels of Gabriel Ferry, Gustave Aimard, and Captain Mayne-Reid, Jules Verne and his followers compelled recognition for this new literary genre. It was first intended for young boys, as they were supposed - in a romantic perspective - to desire eagerly to live adventures. Nevertheless, the matter was not to stir this desire but to use it in order to inculcate in the young reader’s mind both a positive knowledge and manly morality. This literature despised the adventurer and glorified the hero whose conduct was oriented by an ideal and a sense of sacrifice. It was only between 1890 and 1920 that the theme of adventure for the sake of adventure appeared. Related to romantic poetry’s taste for the travelling experience, this original discourse on “Adventure” with a capital A, emerged around the newly praised figures of the gold digger and the reporter. Adventure appeared as the means for self-fulfillment, for controlling one’s destiny, for disclosing the world’s secret meaning. Then only, the former heroic ethics faded and gave way to the new glory of an adventurer henceforth exclusively defined by his search of adventure for adventure’s sake.

Plan de l'article

  1. L’aventure, un objet d’histoire ?
  2. Le roman d’aventures, roman d’apprentissage
  3. La Belle époque, apogée dans l’histoire de l’aventure ?
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