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S'inscrire Alertes e-mail - Revue d’histoire du XIXe siècle Cairn.info respecte votre vie privéeVous consultezL’ordre des choses. Sur quelques traits de la culture matérielle bourgeoise parisienne, 1830-1914
AuteurManuel Charpy du même auteur
Doctorant en histoire à l’Université François Rabelais de ToursRésumé
Le xixe siècle voit la culture matérielle changer profondément. Au-delà de la nouvelle échelle industrielle de la production des objets, c’est le rapport au monde des choses qui se transforme et tout particulièrement pour la bourgeoisie. Cet article questionne les bibelots, souvenirs familiaux, objets de collections et objets venus du passé qui, à partir des années 1830, peuplent les appartements bourgeois parisiens. Par leur truchement, la bourgeoisie instaure un commerce avec la mémoire et le passé. De façon paradoxale, la bourgeoisie se construit, dans son temps libre, une identité en tentant de fuir l’uniformité supposée des objets industriels, le monde des affaires et le nouveau commerce à prix-fixe. La bourgeoisie se passionne pour de nouveaux lieux où elle cherche ces objets uniques et authentiques : fermes normandes, boutiques d’antiquaires et salles de l’hôtel des ventes. Experts, commissaires-priseurs, tapissiers conjurent le risque de la faute de goût et de la contrefaçon. La bourgeoisie émergente s’invente de nouveaux modèles, aussi bien en lorgnant du côté des artistes et de la « bohème » que du côté des demi-mondaines, autant de groupes qui vivent dans ses marges, là où les modes peuvent se renouveler. Au final, cet article essaie de comprendre comment la bourgeoisie à partir des années 1830 élabore par les objets des façons de sentir, d’apprécier et de consommer qui la distingue à la fois des modèles aristocratiques et des comportements populaires.
The nineteenth century saw deep changes in material culture. In addition to the new era induced by the industrial scale of material production, the relationship to the world of things changed, change which particularly concerned the middle class. This article takes interest in the bibelots, family souvenirs, collected artefacts and things from the past, which from 1830 onwards, invaded Parisian middle-class homes. Through them, the middle class began a commerce with the past—family-related, ancient, or exotic. In a paradoxical way, the middle class shaped an identity for itself during its leisure time, and intended to flee from the supposed uniformity of industrial products, the business world, and the new department stores. The middle class was fascinated by the new places where it looked for the unique and genuine objects : Normandy farmhouses, antique shops and salesrooms. Experts, auctioneers and interior decorators warded off errors of taste and fraudulent copies. The rising middle class invented new models for itself, casting glances at artists and their bohemian lifestyle and at socialites—groups who lived on its margins, and reinvented fashion styles. In conclusion, this article aims at understanding how, from the 1830s onwards, the middle class elaborated perceptions, taste and consumption through things, and thus, distinguished itself from aristocratic models and popular behaviours.
PLAN DE L'ARTICLE
- « Les monuments de la vie usuelle » intimes et familiaux
- Le goût du passé
- Collectionneurs et bibeloteurs
- Drouot et les tapissiers : les institutions sociales du goût bourgeois
- Les législateurs du goût bourgeois ou les marges de la bourgeoisie
- Conclusion





