L’étrange mort de la Grande-Bretagne chrétienne : une nouvelle approche dans le débat sur la sécularisation
Jeremy Morris
Cet article passe en revue la récente historiographie de la religion dans la Grande-Bretagne contemporaine, en examinant le débat sur la sécularisation et notamment les travaux de Callum Brown, sans oublier Sarah Williams et Simon Green. Il adopte d’une façon générale le regard critique qu’ils portent, à l’image d’autres historiens des générations passées, sur l’existence d’un lien unilatéral et « inévitable » entre la modernisation et le déclin de la religion, mais les accuse successivement de minimiser le concept de « religion » dans l’époque contemporaine au point de lui avoir fait perdre cette subtilité qui le caractérise. Cet article entend plutôt démontrer que les signes du déclin de l’Église ne sont pas incompatibles avec la persistance de l’identité religieuse, même lorsque l’affiliation reste limitée.
This article reviews the recent historiography of religion in modern Britain, concentrating on the debate about secularization and the work of Callum Brown in particular, but also with reference to Sarah Williams and Simon Green. It endorses, broadly, the criticisms made by these and other historians of older assumptions of a one-way, “inevitable” link between modernization and religious decline, but in turn accuses them of attenuating the concept of “religion” in the modern period to the point where it has lost internal sophistication. It suggests, instead, the compatibility of indices of institutional church decline with the persistence of religious identity and limited church affiliation.