Revue d’histoire du XIX<sup>e</sup> siècle 2010/1
Revue d’histoire du XIXe siècle
2010/1 (n° 40)
240 pages
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Articles

Vous consultezL’hygiène sociale au XIXe siècle : une physiologie morale


AuteurGérard Seignan du même auteur

Docteur en Sciences et techniques des activités physiques et sportives de l’Université de Bordeaux 2 (LACES - Laboratoire cultures, éducation, sociétés, EA 4140)

Résumé

Au XIXe siècle, l’hygiène sociale souhaite moraliser les comportements individuels pour garantir la santé publique et atténuer les fatigues du corps. S’accroît ainsi l’exigence d’une plus grande attention à soi. Attention jugée d’autant plus nécessaire qu’à la fin du siècle, la science du cerveau propose les modèles de la décharge et de la neurasthénie pour rendre compte de la fatigue nerveuse. Le mauvais état de santé qui lui fait cortège est alors pensé au regard d’un environnement épuisant. De là une hygiène enrichie par la thérapie des nerveux qui agrandit considérablement l’éventail des modalités de l’attention à soi. Il est alors moins question de moralité à suivre que de moral à conforter.



In the nineteenth century, social hygiene wanted to moralize individual behaviours to guarantee public health and relieve the tiredness of the body. In this way, the demand for greater self-attention increases. This attention was considered all the more necessary at the century than the brain science suggests patterns of discharge and neurasthenia to take into account nervous tiredness. The bad state of health, which is followed on with it, was then thought of in terms of an exhausting environment. From then on, hygiene was enriched by the therapy of people with nervous disorder, which considerably widened the range of self-attention. Then, what mattered was less preserving morality than restoring ‘morale’.


Im 19. Jahhrhundert versuchte die Sozialhygiene, die individuellen Verhaltensweisen zu moralisieren, um die Volksgesundheit zu bewahren und die Müdigkeit des Körpers abzufangen. In diesem Zusammenhang wuchs die Forderung nach einer größeren Sorgfalt sich selbst gegenüber. Diese Aufmerksamkeit wurde als umso wichtiger eingestuft, als am Ende des Jahrhunderts die Hirnforschung Modelle von Entladung und Nervenschwäche entwickelte, um Nervenanspannung zu erklären. Der damit einhergehende schlechte Gesundheitsstand wurde also aus einer strapaziösen Umwelt heraus gedacht. Von da an wurde Hygiene mit Nerventherapie angereichert, die das Spektrum der Selbstaufmerksamkeit erheblich erweiterte. Es geht also weniger darum, welche Moral zu verfolgen, als welche Moral zu festigen ist.

PLAN DE L'ARTICLE

  • Moralisation des mœurs et refontes énergétiques au début du XIXe siècle
    • Dénoncer l’intempérance
    • Prendre de bonnes « habitudes »
    • Un néo-sensualisme
  • Énergétique humaine et hygiène morale : les innovations du milieu du siècle
    • La problématique du « souffle »
    • Le paradigme de « l’homme d’activité »
    • L’école et le parti pris moralisateur
    • Entre moralisation des consciences et lois physiologiques
  • La fatigue nerveuse à la fin du siècle : de l’agression des sens au trouble du moral
    • Le travail et l’excès d’excitations sensorielles
    • Syndrome neurasthénique et moral en souffrance
    • Médecines et réfection morale
    • Une thérapeutique de la récréation
    • Du corps au psychisme : la libération des tensions
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