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Déviance et Société

2016/1 (Vol. 40)


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Résumé

Français

Le fort développement de la vidéosurveillance dans l’espace public, en France, à partir des élections présidentielles de 2007, n’a pas fait l’objet d’évaluations scientifiques. Cet article propose une étude de cas et un travail de terrain dans une petite ville dotée d’un système de vidéosurveillance considéré comme exemplaire par les pouvoirs publics locaux. L’étude montre que la vidéosurveillance n’assure ni prévention ni dissuasion des actes de délinquance et qu’elle n’a globalement aucun impact sur le niveau de la délinquance enregistrée. L’étude illustre également le phénomène de déplacement des problèmes. Elle permet ensuite de mesurer la contribution de la vidéosurveillance au travail de police judiciaire, montrant que cette contribution est réelle mais limitée. Au final, la vidéosurveillance apparaît essentiellement comme un outil municipal de gestion urbaine de proximité, qui n’a que peu de rapport avec la politique locale de sécurité et de prévention. L’auteur analyse alors les ressorts politiques du succès de cette technologie, montrant qu’elle a constitué une ressource politique tant pour le gouvernement qui a décidé d’inciter à sa généralisation que pour les élus locaux désireux d’afficher une action dans le domaine, le tout en lien avec le fort développement des industries de la sécurité.

English

The rapid growth of CCTV in public space in France, from the time of the presidential elections in 2007, has not been the object of scientific evaluation. This article provides a case study using field research in a small town equipped with a CCTV system considered as an good example by local government. The research showed that the CCTV provided neither reductions in crime nor deterrence of youth delinquency, and that it had no effect on the level of recorded crime. The study also showed the phenomenon of displacement. It allowed us to measure the contribution of CCTV to the work of the judicial police, showing that it made a real but limited contribution. At the end, the CCTV seemed essentially to be a tool for towns to manage localities, with few links with the local policies of security and prevention. The author comments on the political aspects of success with this technology, showing that it constitutes a political resource both for the government which urged its general adoption and for those localities wishing to show they were taking action, all of which indicates links with the rapid growth in the security industry.

Deutsch

Die starke Verbreitung von Videoüberwachung des öffentlichen Raums in Frankreich nach der Präsidentschaftswahl 2007 ist bislang nicht Gegenstand einer wissenschaftlichen Evaluation gewesen. Der Artikel beschreibt eine empirische Fallstudie über eine Kleinstadt, in der die Videoüberwachung als Modell durch die lokale Politik vorgestellt wird. Die Studie zeigt, dass Videoüberwachung weder Prävention sichert, noch eine abschreckende Wirkung im Hinblick auf delinquente Taten entwickelt hat, es lässt sich keine Wirkung auf das Niveau der registrierten Kriminalität feststellen. Die Studie illustriert demgegenüber eine räumliche Verlagerung von Problemen. Es wurde der auch Effekt auf die Arbeit der Polizei untersucht, der tatsächlich nachgewiesen werden kann, aber nur begrenzt ist. Schließlich zeigt sich die Videoüberwachung im Wesentlichen als ein politisches Werkzeug, dass kaum Beziehung zur lokalen Sicherheits- und Präventionspolitik hat. Der Autor analysiert den politischen Erfolg der Technologie als politischer Ressource der staatlichen Regierung, die ihre Verbreitung in enger Beziehung zu expansiven Entwicklungen der privaten Sicherheitsindustrie entschieden hat, um der kommunalen Politik die Möglichkeit zu bieten, in diesen Feld Aktivitäten zu demonstrieren.

Español

La amplia expansión de la video vigilancia en el espacio público en Francia, desde las elecciones presidenciales de 2007, no se ha analizado científicamente. Este artículo presenta un estudio de caso y un trabajo de campo en una pequeña localidad que cuenta con un sistema de video vigilancia considerado ejemplar por las autoridades locales. El estudio muestra que la video vigilancia no garantiza ni la disuasión ni la prevención de la delincuencia y, en general, no tiene ningún impacto sobre el nivel oficial de delincuencia. El estudio también señala el fenómeno del desplazamiento de problemas. Además, permite medir la limitada contribución de la video vigilancia al trabajo de la policía judicial. Finalmente, la video vigilancia se presenta fundamentalmente como una herramienta municipal de gestión urbana de proximidad que tiene poco que ver con la política local de seguridad y de prevención. El trabajo analiza los resortes políticos del éxito de esta tecnología, mostrando que se trata de un recurso político, tanto para el gobierno que promovió su generalización, como para los políticos locales deseosos de mostrar una acción en este ámbito. Todo ello relacionado con el fuerte desarrollo de las industrias de la seguridad.

Plan de l'article

  1. Le dispositif « exemplaire » de Saint-Jean-la-Rivière
  2. Le travail des opérateurs de vidéosurveillance au quotidien
    1. La surveillance spéciale : des rituels précis
    2. La surveillance générale : une absence d’objectif suscitant un intense ennui
    3. Une activité générale qui s’est réduite avec le temps
  3. Les signalements d’incidents par les opérateurs de vidéosurveillance
  4. La contribution du CSU aux enquêtes de police judiciaire
  5. Peut-on mesurer l’impact du dispositif sur la délinquance ?
    1. Signalements et réquisitions : la part très marginale de la vidéosurveillance
  6. Conclusions : faire une politique de sécurité ou faire de la politique avec la sécurité ?

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