DOI : 10.3917/eh.045.0097.
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| L'entreprise verte et les boues rouges par Marie-Claire Loison et Anne Pezet |
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Les pratiques controversées de la responsabilité sociétale à l’usine d’alumine de Gardanne (1960-1966)AuteursMarie-Claire Loison du même auteur
Ancienne élève de l’ENS Cachan, agrégée d’économie-gestion, Attachée Temporaire d’Enseignement et de Recherche à l’Université Paris-Dauphine, prépare son doctorat en sciences de gestion au sein du CREFIGE (Centre Européen de Recherche en Finance et en Gestion). Sa thèse porte sur l’histoire de la problématique du développement durable dans l’industrie depuis la fin du XIXe siècle.Anne Pezet du même auteur
Professeur de sciences de gestion à l’Université Paris-Dauphine, chercheur à DRM-CREFIGE (UMR 7088). Ses travaux portent en particulier sur l’histoire des dispositifs de gestion.Résumé
Parfois considérée comme un phénomène de mode, la responsabilité sociétale de l’entreprise (RSE) a des racines historiques profondes mais largement méconnues. L’objet de cet article est précisément d’illustrer, au travers d’un cas approfondi, comment une entreprise a, dès les années 1960, tenté de gérer un problème d’environnement entre volonté d’anticipation et contraintes.
Pour faire accepter le déversement de déchets industriels, appelés « boues rouges », en Méditerranée une grande entreprise a eu des pratiques anticipatoires mais confinées de la responsabilité sociétale. Les contestations des opposants au projet conduirent la compagnie à une véritable controverse socio-technique autour de ses pratiques de la responsabilité. Cette dernière y fit face par le recours à des méthodes cette fois inégalement responsables.
Au-delà de l’historicité de la RSE, l’article montre que la construction pratique de cette responsabilité constitue un exercice difficile et un phénomène complexe, y compris pour une entreprise initialement pleine de bonne volonté.
Sometimes regarded as a phenomenon of fashion, corporate social responsibility (CSR) has deep but largely ignored historical roots. The object of this article is precisely to illustrate, through a detailed case study, how a firm tried, from the 1960s, to manage a problem of environment between will of anticipation and constraints.
In order to be authorized to tip industrial wastes, called “red muds”, in the Mediterranean Sea, a large corporation used anticipatory but confined practices of social responsibility. The opponents’ contestations led the company to a real socio-technical controversy about its practices of responsibility. This one faced it up thanks to methods this time unevenly responsible.
Beyond the historicity of CSR, this paper shows finally that the practical construction of this responsibility constitutes a difficult exercise and a complex phenomenon, even for a company initially full of willingness.
PLAN DE L'ARTICLE
- 1 - Une pratique confinée de la responsabilité
- 1.1 - La Compagnie
- 1.2 - La Science
- 1.3 - Le Droit
- 1.4 - Le Politique
- 2 - La controverse
- 2.1 - Les Opposants
- 2.2 - Les alliés des Opposants : La Presse et Les Personnalités extérieures
- 2.3 - Disqualifier La Science et rallier Le Droit et Le Politique
- 3 - Le recours à des techniques moins responsables
- 3.1 - Les techniques anciennes de dédommagement
- 3.2 - Des techniques d’optimisation juridique aux techniques de lobbying
- 3.3 - Des techniques de relations publiques aux techniques de menace
- Conclusion



