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Entreprises et histoire

2008/1 (n° 50)

  • Pages : 156
  • ISBN : 9782747214483
  • DOI : 10.3917/eh.050.0019
  • Éditeur : ESKA

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Résumé

Français

Cet article analyse comment les systèmes irrigués ont été pris comme des modèles de réussite de coordination des actions individuelles et du bien commun. Depuis les années 1980, ils sont décrits comme l’expression d’ « alternatives empiriques » à la « tragédie des communs ». Cette découverte de la portée économique, sociale, politique et écologique des systèmes irrigués n’est pourtant pas inédite : dans la seconde moitié du xixe siècle, ils avaient été promus comme des modèles de réussite d’articulation des actions individuelles et du bien commun.
Après une relecture de la théorie de la « tragédie des communs » et des effets de sa réception, qui relançait une thèse néo-malthusienne sous les habits neufs des études environnementales, cet article examine le renouvellement des agendas de recherche sur les communs.
En contrepoint de ces débats contemporains sur le gouvernement des communs, on propose de saisir l’émergence, dans la seconde moitié du xixe siècle, de discours sur le bon gouvernement des eaux dans les sociétés locales hydrauliques. On montre comment cette littérature hydraulique a constitué un relais pour défendre les droits historiques des sociétés locales sur les eaux, décrites comme des ressources locales issues de pratiques et de règles sociales et historiques, face aux prétentions et aux velléités irrédentes des États sur ces ressources.

English

This article analyses how irrigation systems were taken as models of successful coordination between individual action and the common good. Since the 1980s they have been described as the expression of "empirical alternatives" to "The Tragedy of the Commons" (G. Hardin). The recent discovery of the economic, social, political and ecological significance of irrigation systems is, however, nothing new. In fact, in the second half of the nineteenth century, irrigation systems were promoted as successful models of the articulation of individual action and the common good. After a rereading of the Tragedy of the Commons theory and the effects of its reception, which revived a neo-Malthusian thesis under the new guise of environmental studies, this article examines the renewal of research agendas on the Commons.
As a counterpoint to contemporary debates on the government of the Commons, we choose to take on the emergence, in the second half of the nineteenth century, of a discourse on the proper management of water in local hydraulic communities. We show how this hydraulic literature constituted a means to defend the historical rights of these local communities against the claims on these resources of national (and colonial) states.

Plan de l'article

  1. 1 - Contre la tragédie des communs
    1. D’une thèse néo-malthusienne…
    2. … À ses lectures environnementales
  2. 2 - Gouvernement des communs, entre exclusion et gouvernance
    1. Propriété, externalités et institution
    2. Du régime juridique au fonctionnement des communs
    3. Communs et communautés, les règles du jeu
  3. 3 - Du gouvernement à la gestion des eaux au xixe siècle : vers de nouvelles pédagogies de l’action collective
    1. Une littérature européenne sur les sociétés hydrauliques
    2. Le cas des assèchements, matrice de l’intérêt public
    3. Pour la « libre circulation de l’eau » en Europe : petits arrangements avec le code civil
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