Études anglaises 2009/2
Études anglaises
2009/2 (Vol. 62)
136 pages
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I.S.B.N. 2252036945
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Swinburne et critique de la raison poïétique
par Sébastien Scarpa
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Vous consultezSwinburne et critique de la raison poïétique

AuteurSébastien Scarpa du même auteur

Université Stendhal-Grenoble III

Résumé

Cet article postule que la disparition du Divin bouleversa la conception que Swinburne se faisait de la notion de sens. Que peut bien signifier un poème, s’interrogeait le poète, si le Logos — soit, le principe même de toute signification — est, en lui-même, illusoire ? Ne correspond-il pas, au fond — et à l’opposé des théories de la métaphysique occidentale —, à une pure émanation du soi, au résultat d’un puissant désir d’expression qui n’a de but que d’exprimer ? L’œuvre de Swinburne oscille ainsi entre deux modalités : celle de la volonté romantique (et idéaliste) qui vise à révéler le Réel ultime, à manifester — en l’articulant au sein de l’espace textuel — ce qui demeure généralement implicite, et celle d’un usage intensif et quasi-asignifiant du langage correspondant à un déploiement des forces du vivre à travers l’œuvre d’art. Si les poèmes de Swinburne perpétuent une évaporation systématique du sens, s’ils aspirent, en somme, à devenir musique, c’est que, dans l’esprit de leur auteur, ils trouvent leur point d’émergence dans l’espace originaire et pré-réflexif de la chair émotionnelle.


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The article posits that the disappearance of God affected Swinburne’s approach to the notion of meaning. What is a poem supposed to signify, the poet wondered, if the Logos—that is, the very principle of signification—is, in itself, an illusion? Is it not, after all—and at the opposite of the theories of Western metaphysics—, a pure emanation of the Self, the result of an overcharged desire to express oneself for expression’s sake only? Swinburne’s work therefore vacillates between two modes: that of the Romantic (and idealistic) will to unveil the ultimate Real, to make manifest and articulate, within the textual space, what is usually implicit, and that of an intensive and almost asignifying use of language corresponding to the expansion of the forces of life through the work of art. If Swinburne’s poems keep carrying out a systematic evaporation of meaning, if they aspire, in other words, to the condition of music, it is because they emerge, as their author believed, from the primal space of corporeal and pre-reflective emotion.

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