Germanica 2008/1
Germanica
2008/1 (n° 43)
200 pages
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Vous consultezThéorie de la modernité en tant que théorie de la métropole. La « théologie » de Walter Benjamin


AuteurPatrik Alac du même auteur

Université de Valenciennes

Résumé

La construction du vers baudelairien, remarque Benjamin dans son essai sur Charles Baudelaire (Das Paris des Second Empire bei Baudelaire), « ressemble au plan d’une métropole ». Loin d’un aperçu éphémère, cette phrase désigne une méthode heuristique, le programme d’une théorie de la modernité: lire celle-ci comme une métropole. Les Passages parisiens, mais aussi L’Enfance berlinoise cristallisent à cet égard l’ensemble de l’œuvre de Benjamin en proposant un dispositif descriptif de la modernité/de la métropole, et en créant, après coup, une cohérence de ses écrits. Cette « lecture de la métropole » en tant que théorie de la modernité ne doit pas pour autant s’effectuer uniquement sur un plan textuel ; si la philologie, constate Benjamin, est bien la science primaire de l’interprétation des textes, la théologie est la science fondamentale de l’interprétation du monde Il ne suffit pas d’appliquer les préceptes de la lecture textuelle (herméneutique, commentaire, interprétation) pour venir à bout de la modernité, mais il faut engager une lecture « théologique » (exégèse, allégorèse) pour donner à lire la « métropole ». Retracer la « théologie » de Walter Benjamin signifie donc élucider le dispositif descriptif de la « métropole » qui, dans un geste double, « à deux niveaux », conceptuel et figuratif, essaie de s’emparer de l’expérience littéraire de la modernité: allégorie, mimésis et passage, etc. sont les concepts, le chiffonnier, l’apache, la lesbienne, l’hachischin, etc. les figures de la « théologie » de Walter Benjamin.

Mots clés

modernité, métropole





Baudelaires Versbau, bemerkt Benjamin in seiner Baudelaire-Studie Das Paris des Second Empire bei Baudelaire, sei dem «Plan einer großen Stadt» vergleichbar. Weit davon entfernt, nur ein geistreiches Aperçu zu sein, bezeichnet dieser Satz in Wahrheit eine heuristische Methode, eine Theorie der Moderne: Was Moderne ist, kann nur anhand einer Lektüre der Großstadt festgestellt werden. Das Passagen-Werk, aber auch die Berliner Kindheit um 1900 können daher durchaus als Schlüsselstellen in Walter Benjamins Werk verstanden werden, an denen sich ein Beschreibungsdispositiv der Moderne/der Metropole kristallisiert. Allerdings soll die Theorie der Moderne an der Großstadt nicht einfach «abgelesen» werden, als handle es sich dabei um einen Text: die Philologie mag zwar die Grundwissenschaft der Auslegung der Texte sein, die Grundwissenschaft der Auslegung der Welt ist aber zweifellos die Theologie. Diese «theologische» Lektüre der Dingwelt, des Universums der Großstadt, die sich als Auslegung, Exegese und Allegorese konstituiert, bereichert Benjamin zugleich um eine «typologische» Lesart der Moderne: den aufschlüsselnden Begriffen der Allegorie, der Mimesis, der Passage, usw., entsprechen die Figuren-, bzw. Gestaltkonzepte des Lumpensammlers, des Apachen, des Detektivs und des Flaneurs.

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