DOI : 10.3917/her.144.0018.
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Résumé
Il s’agit de montrer que, si l’« insécurisation » est un facteur d’explication du vote FN dans les milieux populaires, ce phénomène n’est pas récent et doit être envisagé sur un temps plus long. En 1984, la percée électorale du FN avait déjà été précédée d’une forte hausse de l’insécurité. Or, dans les analyses du vote FN, cette question a été délaissée ou réduite à l’évocation d’un fantasme sans lien avec la hausse des délits. Ce type de représentation a eu une influence durable sur la gauche et contribué au maintien d’un déficit politique face au FN au moins jusqu’en 1997. Il faut considérer aussi les différents temps de l’offre frontiste. Dans les années 1990, la fidélisation de l’électorat s’opère avec le maintien du vote FN au second tour des élections territoriales, ce qui permet au FN d’exercer son « pouvoir de nuisance » aux dépens de la droite. Puis, la scission Mégret-Le Pen a eu des effets durables : de 1999 à 2009, le vote FN a régressé à tous les types de scrutin (sauf en avril 2002) et son « pouvoir de nuisance » disparaît. De nombreux électeurs du FN ont rejoint les « abstentionnistes intermittents », un électorat que Marine Le Pen, à l’instar de la droite et de la gauche, devra convaincre en 2012.
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The stages of the Front National vote and its representations The rising feeling of insecurity among the working-class is one explanation of the Front National vote but needs to be understood on a long-term basis. In 1984, a strong increase of insecurity already preceded the Front National breakthrough. And yet, this question was eluded or reduced to the evocation of a fantasy disconnected with the rise of misdemeanors. This kind of representation has had a long-standing influence on the left and was a major factor in the perpetuation of a political deficit against the FN, at least until 1997. The different stages of the Front National’s offer needs to be considered as well. In the 1990s, the FN exercised its nuisance power against the right and thus, secured the loyalty of its electoral base. Then, the schism between Mégret and Le Pen had long-standing consequences : from 1999 to 2009 (except in April 2002), the FN scores decreased and its nuisance power disappeared. Numerous FN voters joined intermittent abstainers, a voter base that Marine Le Pen needs to convince in 2012, as the other candidates from the left and the right alike do.
PLAN DE L'ARTICLE
- Les temps de l’insécurité et du vote FN
- Un « point de rupture »... situé « entre 1976 et 1984 »
- Le temps de l’émergence du vote FN dans les milieux populaires
- Le temps du déni
- Le temps de la redécouverte de la « sûreté pour tous »
- Les temps de l’offre FN et/ou du choix de l’abstention
- Le temps de la fidélisation de l’électorat et du pouvoir de nuisance
- Le temps de la crise de l’offre FN et de ses effets sur l’électorat
- En 2002 comme en 2007, le rôle essentiel de l’abstention à la présidentielle
- Choix de l’abstention et « défense des Français d’abord »
- Le temps incertain du renouveau du vote FN : quelles perspectives pour 2012 ?



