Journal de la Société des Océanistes 2003/1
Journal de la Société des Océanistes
2003/1 (n° 116)
192 pages
Editeur
Revue affiliée à Revues.org

A propos de cette revue
Alertes e-mail

Recevez des alertes automatiques relatives à cet article.

S'inscrire Alertes e-mail - Journal de la Société des Océanistes

Être averti par courriel à chaque nouvelle parution :
d'un numéro de cette revue
d'une publication de Bertrand Troadec
d'une citation de cet article

Votre adresse e-mail

Gérer vos alertes sur Cairn.info

Cairn.info respecte votre vie privée
Articles

Vous consultezLe développement de la représentation de l’espace à Tahiti : variabilité du côté mer et du côté montagne


AuteurBertrand Troadec du même auteur

Université de Toulouse-Le Mirail (utm), ufr de Psychologie, Département de Psychologie du Développement ; 5, allée Antonio Machado 31058— Toulouse— Cedex 9 ; Tél./fax : 05.61.40.76.93 ; email : troadec@univ-tlse2.fr

Résumé

Des travaux récents, d’inspiration anthropologique et linguistique, ont montré que le développement des systèmes de représentation de l’espace serait soumis à un « relativisme linguistique modéré ». Il s’ensuivrait la possibilité d’une « inversion des stades classiques du développement » dans certaines cultures. Cette interprétation pose le délicat problème de l’inférence d’une compétence cognitive supposée être « dans la tête » des sujets à partir des performances observées (action ou langage, ou les deux). En effet, évoquer un relativisme linguistique « modéré » sur la base d’une inversion « radicale » des étapes connues de l’ontogenèse n’apparaît pas épistémologiquement satisfaisant. L’hypothèse que l’on se propose de mettre à l’épreuve des faits est qu’il ne s’agit pas d’une inversion des stades classiques de développement mais qu’un héritage historique et culturel particulier produit, de nos jours, des modalités de représentation de l’espace « inédites » (au moins, pour un chercheur occidental), dont les étapes du développement restent à décrire. Cette hypothèse est discutée par la présentation et l’analyse de données recueillies auprès d’un échantillon d’enfants tahitiens à qui l’on a fait passer deux épreuves relatives à l’orientation spatiale d’objets (Polynésie, Océanie).

Mots clés

relativisme linguistique, développement cognitif, espace relatif, espace absolu





Recent research, in anthropology and linguistics, showed that the development of children’s spatial representation is bound by a « moderate linguistic relativism ». This leads to the possibility of a reversal of traditional stages of cognitive development in some cultures. The main question is how to infer cognitive competence from observed performance (i.e. action and/or language), competence which is unobservable and supposed to be « in the head » of subjects. Indeed, the evocation of moderate linguistic relativism as the basis of a reversal of known ontogenetic stages does not appear satisfactory from an epistemological point of view. We propose that traditional (i.e.Western) ontogenetic stages are not being reversed but rather that a historical and cultural heritage produces, nowadays, new kinds of spatial representation. The stages of their development remain to be described by developmental psychologists. This assumption is discussed in the light of recent data obtained from two spatial orientation tasks realized with two samples of Polynesian children (Tahiti and Moorea, French Polynesia, Oceania).

Keywords

linguistic relativism, cognitive development, relative space, absolute space, French Polynesia, Oceania

Accéder à cet article