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| “Détestables écoles d'ethnographie” par Christine Laurière |
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| L'Homme 2011/4 (n°200) | 19.5 € |
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Littérature interdite, poésie censuréeAuteurChristine Laurière du même auteur
Laboratoire d’anthropologie et d’histoire de l’institution de la culture (Lahic), Charenton-le-Pont christine.lauriere@wanadoo.frRésumé
Cet article s’interroge sur les choix, les stratégies d’écriture de Paul Rivet pour relater sa mission en Équateur (1901-1906), après la découverte dans ses papiers personnels de plusieurs textes inédits qui obligèrent sa biographe à réviser ses analyses sur la conception de l’altérité véhiculée dans les travaux équatoriens de Rivet. Jeune médecin militaire en progressive reconversion professionnelle vers la carrière d’anthropologue, il garda sous le boisseau plusieurs textes, dont deux petits poèmes qui évacuaient de façon très sensible ce que la contemplation des Indiens opprimés lui inspirait. Il s’agit d’essayer de comprendre pourquoi il ne divulgua pas ces poèmes. Si, dans ses articles scientifiques, il pouvait à bon droit décrire l’Indien acculturé comme un homme déchu, appartenant à un monde et une humanité en sursis, il s’interdit de l’évoquer comme un indigent, broyé par le servage, soumis à des conditions d’exploitation économique et sociologique effroyables. Ce constat permettra de mettre en lumière les conditions d’accréditation professionnelle du métier d’anthropologue au tournant du xxe siècle en France, un débutant ne pouvant espérer pénétrer les réseaux de la sociabilité savante s’il ne se défiait pas tout à la fois des considérations sociales, de la littérature de voyage et de ses impressions personnelles.
Mots clés
Paul Rivet, Équateur, mission en Équateur, Amérindiens, écriture ethnographique
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AbstractThis article inquires into Paul Rivet’s writing strategies for narrating his fieldwork in Ecuador (1901-1906), given the discovery among his personal papers of several unpublished texts that have forced his biographer to modify his analysis of Rivet’s conception of « alterity » in studies on this country. Rivet was a young army doctor who switched, over a very long period, to anthropology. He held back publishing several texts, including two short poems, that evacuated what the contemplation of oppressed Indians had inspired in him. Why did he not disclose these poems ? In his scientific articles, he rightly described acculturated Indians as in a fallen state, belonging to a world and humanity living on borrowed time ; but he refrained from describing them as indigent, crushed by servitude, subject to appalling conditions of economic and social exploitation. This sheds light on the conditions of professional accreditation as an anthropologist at the turn of the 20th century in France. A beginner could not hope to penetrate networks of academic sociability without being on guard against social considerations, travel literature and his personal impressions.
Keywords
Paul Rivet, Equateur, mission in Equateur, Amerindian, etnographic writing
PLAN DE L'ARTICLE
- “Le haillon n’est pas pittoresque”
- Indigène mais pas indigent




