Le Mouvement Social 2008/3
Le Mouvement Social
2008/3 (n° 224)
160 pages
Editeur
Revue précédemment diffusée par les Éditions Ouvrières (jusqu'en 1993), puis par les Éditions de l'Atelier (de 1993 à 2007).

I.S.B.N. 9782707156143
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Vous consultezUn magistère social : Eugène Sue et le pouvoir de représenter

AuteurJudith Lyon-Caen du même auteur


Résumé

Le xixe siècle a consacré le mythe de l’écrivain engagé, appuyant sa puissance politique sur son autorité littéraire. Le cas d’Eugène Sue permet de revenir sur la figure de l’écrivain engagé : car si l’auteur des Mystères de Paris voyait bien dans la littérature une « représentation poétique » du peuple capable de pallier l’absence de représentation politique, il fut, après son élection à l’Assemblée en 1850, un représentant du peuple muet, incapable de prendre la parole en public. Les socialistes qui avaient porté sa candidature hésitaient aussi sur la pertinence de ce qui pouvait apparaître comme une « élection romantique », sans portée politique réelle. La décevante carrière politique de Sue permet ainsi de revenir sur les formes et les fondements de l’intervention des écrivains dans le débat public autour de 1848, loin des images glorieuses des « mages romantiques ». Elle fait également apparaître combien, dès le milieu des années 1840, le sens et les formes de l’engagement politique des écrivains pouvaient être âprement discutés chez les socialistes.





The myth of the public intellectual or l’écrivain engagé who derives political power from his literary authority gained enormous traction in the nineteenth century. The case of Eugène Sue allows us to take a closer look at this figure. Indeed the author of Mystères de Paris saw literature as a “poetic representation” of the working classes which would make up for their lack of political representation. After his election to the Assemblée in 1850, Sue was a silent representative of the working classes, unable to speak in public. His socialist supporters began to doubt his candidacy and what increasingly appeared to be an élection romantique deprived of any real political significance. Sue’s disappointing political career allows us to address both the origin and nature of writers’ participation in the public debates of 1848, and also to consider writers apart from their glorious image as “the romanticist Magi”. Sue’s case also reveals that, as early as the mid-1840s, the meaning of writers’ involvement in politics was bitterly debated by Socialists.

PLAN DE L'ARTICLE

  • Eugène Sue, mage romantique ?
  • Un « représentant » du peuple
  • L’impossible représentation politique
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