DOI : 10.3917/ls.125.0125.
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S'inscrire Alertes e-mail - Langage et société Cairn.info respecte votre vie privéeVous consultezLes langues de l’europe, un régime paradoxalement durable
AuteurChristophe Scheidhauer du même auteur
Résumé
L’intégration de l’Europe a engendré un régime linguistique stable mais paradoxal. L’Union européenne multiplie ses langues officielles mais officieusement, elle privilégie l’anglais. Il ne s’agit pas d’une transition entre une Babel impraticable et une union rationnelle, monolingue. Au contraire, l’Union s’enorgueillit de sa diversité linguistique, et stigmatise l’anglais comme un contre modèle. Elle voit l’anglais à la fois comme la langue anti-nationale de la mondialisation, et comme celle du plus fort, les Etats[--!!barre!!--]-[--!!/barre!!--]Unis d’Amérique. La pratique de l’anglais réunit les européens autour de l’ennemi commun. En fait, fondée sur un idéal de paix entre les nations, l’Union doit pratiquer une stricte égalité entre les langues nationales. Afin de n’en favoriser aucune, elle recoure officieusement à une langue tierce. L’anglais est la dernière langue que l’Europe envisage de défendre. Elle ne lèse donc personne en particulier. Diversité officielle et anglophonie officieuse se renforcent mutuellement.
Mots clés
Europe, Union européenne, langues officielles, anglais, politique linguistique, ennemi
The languages of europe, paradoxically a lasting system The European integration process has produced a linguistic regime that is stable but paradoxical. The list of official languages regularly expands while, at an informal level, the European Union predominantly uses English. This discrepancy is not transitional. A European Babel is not being rationalised into a monolingual State. On the contrary: the EU promotes its diversity and pretends to reject English, which it considers as the language of both the mercantilist globalisation and the American cultural imperialism. English is both the common medium and the common enemy. Since the Union ideal is peace between the European nations, it cannot discriminate among of the national languages. Thus, it necessarily has to use an informal third-party language. Since World English is the last language that the Union aims to protect, it is also the least contentious tongue. Official diversity and informal English are reinforcing each other.
Keywords
Europe, European Union, official languages, English, linguistic policy, enemy
PLAN DE L'ARTICLE
- Un régime fondé sur la reconnaissance mutuelle des états-nations
- Un régime dont la contestation traduit la vigueur
- L’égalité stricte des langues officielles implique une Lingua franca
- La langue identifiée à l’anglais est devenue à la fois l’ennemi et le dénominateur commun
- Le régime linguistique européen est paradoxalement destiné à durer



