Langage et société
Maison des sciences de l’homme

I.S.B.N.sans
166 pages

p. 29 à 46
doi: en cours

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n° 129 2009/3

Plurilinguisme et minorisation en Belgique : d’étranges rapports aux langues “étrangères”

philippe Hambye
Dans les États plurilingues comme la Belgique, le rapport que les communautés ethnolinguistiques entretiennent avec la pluralité linguistique est souvent révélateur de leur situation majoritaire ou minoritaire. Dans cet article, nous cherchons à montrer ce que les politiques publiques (et scolaires en particulier) relatives à la gestion du plurilinguisme des deux principales communautés linguistiques en Belgique nous révèlent quant à la façon dont se joue et se transforme la question de la minorisation pour ces deux groupes. Nous montrons que l’essor économique et politique de la Flandre dans les dernières décennies a modifié la façon dont les Belges francophones et néerlandophones envisagent l’apprentissage des langues et leur coexistence. Toutefois, divers indices témoignent de ce que les francophones de Belgique ne constituent pas pour autant un groupe minorisé, bien qu’ils soient démographiquement minoritaire. Parce qu’ils sont une minorité qui ne se trouve pas réellement en contexte minoritaire, les Belges francophones éclairent en quelque sorte par contraste ce qui fait le propre des situations de minorisation.Mots-clés : minorisation, plurilinguisme, Belgique, Flandre, Wallonie, immersion. In plurilingual countries like Belgium, the relationship that ethnolinguistic communities have with the various languages may often reflect their status as majority or minority languages. In this article, we seek to show what the public policies - particularly in education - towards the plurilingualism of Belgium’s two principal language communities reveal about how linguistic marginalisation works and has developed in these two groups. We show that the economic and political success of Flanders in recent decades has modified the way French- and Dutch-speaking Belgians approach language learning and language coexistence. Certain elements suggest that Belgium’s francophones do not in fact constitute a marginalized group, despite being demographically outnumbered. French-speaking Belgians, though in a minority, are not in a truly minority context; this unusual situation throws light on the factors inherent in situations of language marginalization.Keywords : language marginalization, plurilingualism, Belgium, Flanders, Wallonia, immersion.
introduction
1. une minorité dominante en déclin versus une majorité en plein essor
2. L’école et les rapports de force symboliques entre communautés linguistiques
3. L’appel du plurilinguisme ou la perte des privilèges des francophones
4. Les mouvements migratoires ou la mise en cause du monolinguisme de la nation
5. Conclusion : quand minoritaire ne signifie pas minorisé
• Références bibliographiques


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