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S'inscrire Alertes e-mail - Matériaux pour l’histoire de notre temps Cairn.info respecte votre vie privéeVous consultezL’impact des événements français sur le mouvement de 68 en Suisse
AuteurNuno Pereira du même auteur
Doctorant, Fonds national suisse de la recherche scientifique, Institut d’histoire économique et sociale, Université de Lausanne.Résumé
La Suisse n’est pas restée à l’écart du mouvement de contestation international. Le Mai français a été un catalyseur, mais également un référentiel et une source d’inspiration. Au-delà des slogans, souvent repris par divers acteurs, cette influence s’est notamment traduite par l’appropriation d’un langage de la subversion, par l’emprunt de certaines thématiques ou d’un répertoire d’actions et par la reproduction de certaines formes organisationnelles. Les militants suisses s’emploient pourtant à inscrire leurs mouvements respectifs dans la réalité locale, en évitant une transposition artificielle des expériences étrangères, qui apparaissent dès lors plutôt comme instrumentales. Le mouvement de 1968 en Suisse a été, comme ailleurs dans le monde, à l’origine d’une profonde mutation sociale et culturelle. La « décennie rouge » qui a suivi a été caractérisée par une mobilisation politique, dont témoigne le foisonnement de nouveaux mouvements sociaux et d’organisations d’extrême gauche. La Suisse, qui n’a pas connu de crise politique majeure, a vu l’affirmation d’une nouvelle culture de rupture, attestée par l’émergence des luttes féministes, anti-militaristes, écologistes, anti-xénophobes et de solidarité internationale, mais aussi par la progression, certes plus timide, du mouvement ouvrier.
PLAN DE L'ARTICLE
- Premières réactions et emprunts au Mai parisien
- La diversité des contenus
- Les fonctions plurielles du Mai français
- Une politisation accrue
- En guise de conclusion




