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Vous consultezBiopolitique / bioéconomie

AuteurMaurizio Lazzarato du même auteur

Sociologue indépendant, poursuit des recherches sur le travail immatériel, l’éclatement du salariat, l’ontologie du travail, le capitalisme cognitif. Il a publié Immaterielle Arbeit und Subversion (ID Verlag, Berlin, 1998), Lavoro immateriale. Forme di vita e produzione di soggettività (Ombre Corte, Verona, 1997). Aux éditions Les Empêcheurs de penser en rond, il a publié Puissances de l’invention. La psychologie économique de Gabriel Tarde contre l’économie politique (2002), et Les Révolutions du capitalisme (2004). Il est membre du comité de rédaction de Multitudes.

Résumé

La généalogie du capitalisme amorcée par Foucault à la fin des années 70 ébranle ce que nous croyons savoir du libéralisme. Le constat d’Adam Smith conserve toute sa force : le politique (droits) et l’économie (intérêts) ne sont ni superposables, ni réconciliables. Le gouvernement libéral se propose d’y répondre. Englober et « passer par l’extérieur », telles sont ses tâches, et elles connaissent deux modalités d’application depuis lors, qui sont aussi deux techniques de normalisation. La première, prédominante, s’occupe du gros : la discipline. La seconde, active et souterraine, s’occupe des détails : la sécurité. Elle cerne de plus près les multiplicités, la vie, les conduites. Une véritable politique des multiplicités supposerait, bien davantage encore, de passer « par l’extérieur » des agents que nous tenons pour naturels ou spontanés, mais qui sont l’objet d’un souci et d’une ré-institution constants : le marché, l’entreprise, le travailleur.





The genealogy of capitalism sketched by Foucault at the end of the 1970s shakes up whatever we thought we knew about liberalism. Adam Smith’s observation retains all its relevance : politics (rights) and the economy (interests) are neither to be superposed nor to be reconciled. Liberal governance attempts to face this fact. Its tasks of circumventing, encircling, reaching from the outside are mediated by two modalities of application, which correspond to two techniques of normalisation : the first one (discipline), predominant, deals with the bigger items ; the second one (security), active in the underground, deals with the details. It corners more closely the multiplicities, life and the conducts. A true politics of multiplicities would suppose an intervention « from the outside of » the agents we take for natural or spontaneous, but which are the objects of a constant care and re-institution : market, firms, workers.

PLAN DE L'ARTICLE

  • Économie et politique
  • Le libéralisme comme gouvernement des dispositifs de pouvoir hétérogènes
  • Population / classes
  • Discipline et sécurité
  • Vitalpolitik
  • Le travail et les travailleurs
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