DOI : 10.3917/napo.121.0065.
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S'inscrire Alertes e-mail - Napoleonica. La Revue Cairn.info respecte votre vie privéeVous consultez“At the end of the 18th century, you cannot do what they did in the middle of the 17th”. Napoleon, Lacretelle, Jordan and Bonald: the Consulate and contemporary political theory
Résumé
Right from the Constitution of An VIII, the jury in France was out as what they thought Napoleon was doing in government. Was he a Caesar, a Cromwell, a Dictator, a Consul, a King, or indeed a Kingmaker? These ideas were uppermost in the minds those politically orientated around the 18th and 19th Brumaire. Napoleon himself had a document distributed (and then printed in the Journal de Paris) denying that he was either the Roman or the Briton. Public opinion apparently initially toyed with the idea that Bonaparte could be an honest broker or kingmaker, as Monk had been for Charles II. This was certainly the point made by the banned (anonymous) Parallèle entre César, Cromwell, Monck et Bonaparte (Paris, 1800). In January 1801, Rœderer however had come to the conclusion that the First Consul was a “roi républicain”, and that he was “a king in the true sense of the word: he governs a France of liberty, free from any arbitrary power, by means of the republican institutions”. As if to back this up, contemporary publications on monarchical political theory Théorie de pouvoir politique ([Konstanz], 1796) and De la Législation primitive (Paris, 1802) and Essai analytique sur les lois naturelles de l’ordre social ou du pouvoir, du ministre et du sujet dans la société (Paris, 1800) by the ex-émigré Louis de Bonald were if not appreciated at least read (and importantly not banned) by the First Consul. Bonald, the founder of modern Sociology, is usually described as a royalist and an absolutist, but his assiduous courting of the First Consul would seem to suggest a more complex intellectual makeup. And whatever his position, his ideas à priori did not shock the First Consul. Another view on the Consulate was offered by the Elder Lacretelle in his Sur le 18 Brumaire, published almost immediately after the coup. Two years later the maverick Lyonnais politician Camille Jordan had yet another take in his Vrai sens du vote national sur le consulat à vie (Hamburg, 1802). This paper aims to review these little-used but important contemporary opinions on the Consulate in an attempt to shed further light on Napoleon’s “third way government” as revealed in the Consulate. They reveal some of the zeitgeist, in other words, they give us a glimpse of what contemporaries thought Napoleon was doing.
RésuméDès la promulgation de la Constitution de l’An VIII, l’on n’avait pas tranché sur le rôle de Napoléon dans le gouvernement. Était-il un César, un Cromwell, un dictateur, un consul, un roi, ou même un faiseur de roi ? Ces idées étaient prégnantes dans les esprits occupés de politique au moment du coup d’État des 18 et 19 Brumaire. Napoléon lui-même avait fait distribuer (puis publier dans le Journal de Paris) un document niant le fait qu’il puisse être le Romain ou le Britannique. L’opinion publique caressait apparemment l’idée que Bonaparte pouvait être un honnête courtier ou un faiseur de roi, comme Monk l’avait été pour Charles II. C’est cette idée qui fut explicitée dans le pamphlet anonyme interdit, Parallèle entre César, Cromwell, Monck et Bonaparte (Paris, 1800). En janvier 1801 cependant, Roederer arrivait à la conclusion que le Premier Consul était un roi républicain, et qu’« il [était] roi dans le vrai sens du terme : il régi[ssait] la France libre à l’abri de tout pouvoir arbitraire par ses institutions républicaines ». Pour corroborer cela, des publications contemporaines sur les théories politiques monarchistes comme la Théorie de pouvoir politique ([Constance], 1796), De la Législation primitive (Paris, 1802), et l’Essai analytique sur les lois naturelles de l’ordre social ou du pouvoir du ministre et du sujet dans la société (Paris, 1800) par l’ancien émigré Louis de Bonald étaient, sinon appréciées, au moins lues (et surtout, non interdites) par le Premier Consul. Bonald, le fondateur de la sociologie moderne, est traditionnellement défini comme un royaliste et un absolutiste, mais sa cour assidue envers le Premier Consul semble suggérer une pensée politique plus complexe. Et, quelle que soit sa position, ses idées a priori ne choquaient pas le Premier Consul. Lacretelle l’aîné offrit encore un autre point de vue sur le Consulat, avec son essai sur Le 18 Brumaire, publié presque aussitôt après le coup d’État. Deux ans plus tard, l’homme politique non-conformiste lyonnais Camille Jordan exposait ses idées sur le Vrai sens du vote national sur le consulat à vie (Hambourg, 1802). Cet article passe en revue ces textes, peu étudiés malgré leur importance dans le débat d’idées sur le Consulat, dans la perspective d’éclairer sur la « 3e voie de gouvernement » de Napoléon telle qu’elle se révéla sous le Consulat. Ils font revivre l’esprit de l’époque, en d’autres termes, ils nous donnent un aperçu sur ce que les contemporains pensaient des actes de Napoléon.



