DOI : 10.3917/pox.069.0101.
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S'inscrire Alertes e-mail - Politix Cairn.info respecte votre vie privéeVous consultezÉléments pour une sociologie de l’exil
AuteurSmaïn Laacher du même auteur
sociologue. Il est chercheur au Centre d’étude des mouvements sociaux (CNRS-EHESS). Il est l’auteur d’ouvrages et de nombreux articles sur l’immigration en France et les flux migratoires internationaux.Résumé
Est-on encore dans une sociologie de l’immigration quand les populations qui sont étudiées par cette discipline sont des personnes entrées illégalement sur le territoire national et vivent en situation irrégulière ? Il nous semble que bien plus que dans le champ de l’immigration ordinaire, c’est dans l’existence clandestine que se donne le plus explicitement à voir ce qui est national et ce qui ne l’est pas ; ce qu’est une frontière pour les uns et ce qui ne l’est pas pour les autres ; ce qu’est un État pour les uns et ce qui n’est qu’une expérience virtuelle ou purement conceptuelle pour d’autres, etc. C’est cette population de nulle part et de partout, sans nom ni place, devenue aujourd’hui plus que jamais un enjeu politique international majeur et une affaire exclusive de l’État, qui nous intéressera tout au long de ce texte.
PLAN DE L'ARTICLE
- Le sans-papier et le clandestin
- L’institution et la personne sans parole, ou l’incommunicabilité des entendements
- Faire croire à l’incroyable
- Construire le vraisemblable ou rechercher la vérité ?
- L’inexistence d’une pluralité de sphères sociales
- Preuves hypothétiques et épreuves réelles
- La perte des points de repère routiniers
- Le franchissement de la première frontière
- Ressources stratégiques et force de circulation
- Passeurs, passagers et points de passage
- Invisibilité et illégalité : une relation spécifique au temps et à l’espace
- Le clandestin et les contraintes de la décision
- Relations et tensions entre légalité et illégalité
- Les illégalismes contrôlables



